Au revoir les enfants, Louis Malle


Au revoir les enfants – Résumé

Ce film, c’est l’histoire d’une amitié entre deux enfants sur laquelle plane la lourde chape de plomb de la grande Histoire.

Julien Quentin (Gaspard Manesse), bouleversant d’espièglerie, de sensibilité et d’intelligence, fils de bonne famille qui aspire à devenir prêtre… et Jean Bonnet (Raphaël Fejtö), un jeune garçon juif issu d’un milieu beaucoup moins favorisé.

Le Père Jean (Philippe Morier-Genoud) a pris la décision d’accueillir le garçon dans l’institution privée pour tenter de le sauver, avec d’autres, de la déportation.


RéalisateurLouis Malle.
Durée du film minutes.
Note – ★★★★☆
Au revoir les enfants, Louis Malle

Au revoir les enfants – Critique

Parmi les nombreux films évoquant la Seconde Guerre Mondiale, Au revoir les enfants prend le parti de se jouer dans un décor que l’on croit loin de l’horreur des camps de concentration. En France, sous l’Occupation, les enfants d’un collège catholique, tous issus de familles très aisées, retrouvent à contrecœur les bancs de l’école après les vacances de Noël. On peine à se croire en temps de guerre, s’il n’y avait le quotidien rythmé par les sirènes et les descentes dans les abris souterrains, que les enfants ne prennent même plus au sérieux. Pourtant, l’arrivée de nouveaux élèves va rompre la monotonie de cette scolarité privilégiée.

Le petit Julien, interprété avec brio, pétille de légèreté et d’insouciance, celle que tout enfant de cet âge devrait connaître. A l’inverse, on sent chez Jean le terrible poids d’une tragédie qui l’affecte de plein fouet autant qu’elle le dépasse.

Pas besoin de sang et de massacres pour raconter des drames. La peur, insidieuse et permanente, est omniprésente dans le film. La menace de la dénonciation plane. Pas de violence physique, pas d’hécatombe montrée à l’écran… mais des scènes poignantes qui laissent deviner l’horreur avec pudeur et délicatesse.

Louis Malle s’est inspiré d’un épisode réel de sa vie pour écrire ce scénario et, ce faisant, signe un moment de cinéma émouvant et juste. Avec une grande finesse, il ne stigmatise pas un peuple (les Allemands) mais montre la complexité de la situation de l’époque : Allemands présents par obligation plus que par conviction, collabos déterminés à dénicher des Juifs là où ils se trouvent, etc.

Au revoir les enfants, par Louis Malle - Gaspard Manesse dans le rôle de Julien Quentin
Gaspard Manesse dans le rôle de Julien Quentin

Je n’ai pas été touchée par ce film autant que par Le Pianiste par exemple. Peut-être parce que je me suis laissée gagner par la dramatique résignation affichée par Jean Bonnet face à son destin. Mais Au revoir les enfants n’en demeure pas moins un film magnifique, que l’on peut aisément faire découvrir à un public jeune pour aborder cette période de l’histoire.


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4 commentaires sur “Au revoir les enfants, Louis Malle

  • tyffany

    J’ai vu une parti de ce film grâce à l’épreuve d’histoire des arts du brevet et il avait l’air magnifique. Malheureusement je suis née en 2000 et je n’ai pas eu l’occasion de voir ce film. J’ai encore plus l’eau à la bouche après la lecture de cette article. C’est une histoire magnifiquement triste mais on m’a raconté la fin. Ce film montre bien les ravages du nazisme mais sur le plan relationnel.

    Répondre à tyffany
    • Serial Lectrice

      Ah je me sens vieille quand je vois des gens nés en 2000 ;) J’ai l’impression d’avoir passé le brevet l’année dernière et en fait… euh… non. C’est super qu’ils aient changé l’examen pour le rendre un peu plus “créatif”… Je suis sûre que tu auras l’occasion de regarder le film en entier plus tard !

      Répondre à Serial
  • Quelques Grammes de Glam

    Quel film sublime … Je l’ai vu à sa sortie en 1987 avec ma cousine, dans une toute petite salle de Lyon … J’avais 15 ans et elle 17 … Cette histoire à beaucoup marqué les adolescentes que nous étions … Il nous arrive encore d’en parler.

    Répondre à Quelques
    • Serial Lectrice

      Ça ne m’étonne pas, je trouve que la grande force de ce film c’est justement qu’il ne montre pas directement la violence de l’Occupation, c’est très insidieux et subtil et au final, sur le plan émotionnel, on en ressort encore plus marqué…

      Répondre à Serial
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