Ca, Stephen King (tome 2) : et ça continue, encore et encore


Aujourd’hui, je vous parle de la deuxième partie du roman « Ca » de Stephen King. Si vous n’avez pas encore découvert le livre, je vous conseille plutôt de lire la critique du tome 1 pour éviter les spoilers !

Ça tome 2 – Résumé

A Derry, le Club des Ratés a été fidèle à sa promesse et s’est retrouvé pour mettre un terme à la barbarie de « Ça ». Encore faut-il qu’ils se souviennent comment ils ont affronté le monstre la première fois, à la fin des années 50. Ils croyaient alors l’avoir tué…

Tous souffrent d’une forme étrange d’amnésie. Les souvenirs ne leur reviennent que peu à peu, par bribes… comme si quelque chose, quelque part, leur révélait au fur et à mesure les informations dont ils auront besoin pour se débarrasser de la créature qui hante les égouts de la ville.

Mais qu’est-ce que « Ça », au juste ? D’où vient-il et pourquoi massacre-t-il par cycle des dizaines d’enfants ? Peut-on stopper une telle puissance surnaturelle ? Autant de questions auxquelles les « Ratés » devront répondre pour garder la vie sauve…


Auteur.
Taille du livre638 pages.
Note – ★★★★☆
Ca, Stephen King (tome 2)

Ça (tome 2) – Critique

Ce deuxième tome nous plonge dans une ambiance bien plus sombre et malfaisante que le premier. On comprend très vite que la candeur de l’enfance est loin, très loin de ce que les « Ratés » doivent affronter dans les égouts.

Le tome 1 rayonnait d’une sautillante ambiance de camaraderie, d’imagination, d’amourettes et de jeux d’enfants. Le tome 2, lui, est une véritable plongée dans un monde à la frontière entre apocalypse et déviances.

Stephen King pousse ici la dimension fantastique de son histoire très loin, trop loin penseront peut-être certains lecteurs. Car il faut expliquer l’inexplicable : il doit non seulement nous dire qui est Ca et d’où il vient mais aussi nous expliquer pourquoi il a cette capacité saisissante – et glaçante – à changer de forme à l’envi. Alors forcément, on entre dans des sphères qui dépassent de très loin un simple roman à suspense.

Stephen King nous fait accéder à une dimension presque mystique, à la frontière du religieux. Le bien contre le mal, éternel combat, est là… mais il y a aussi, en arrière-plan, une grande réflexion sur l’enfance et le passage à l’âge adulte. Il évoque ainsi la façon dont notre imagination semble perdre son élasticité lorsque l’on grandit. « Je ne suis pas assez jeune pour tout savoir », disait poétiquement l’auteur de Peter Pan. Car l’enfance est bien cet âge où rien ne semble inexplicable, où tout est possible, de la petite souris au Père Noël…

Les « Ratés » sont désormais adultes… Peuvent-ils encore déployer les trésors de créativité dont leur imagination d’enfant était capable ? C’est là tout l’enjeu.

Ce livre frappe aussi, plus encore que le premier tome, par la place qu’y occupe la sexualité. Cet aspect a été totalement gommé des adaptations de « Ca » à l’écran mais revêt une énorme importance dans le livre. Stephen King nous décrit par exemple le personnage déviant de Patrick Hockstetter, un gamin cruel, meurtrier, frappé d’une sorte de paralysie émotionnelle… et qui se livre à des actes masturbatoires sur un autre enfant. Il nous raconte une scène de sexe collective entre des pré-ados qui sont en « 7th grade » (= 12-13 ans)…

Là encore, Stephen King joue avec les flashbacks, nous racontant en alternance les événements survenant lors du retour de Ca en 1984-1985 et ceux vécus par les enfants en 1958. Une chronologie complexe, de nombreux personnages et pourtant, l’écriture est si limpide et maîtrisée que l’on suit sans peine le cours de l’histoire.

Cette seconde partie du livre touche davantage au surnaturel et certaines scènes m’ont parfois paru manquer de subtilité, en particulier lorsqu’un chaos phénoménal éclate (il fallait que ça arrive, n’est-ce pas ?) et que King fait dans la surenchère façon super-production hollywoodienne… mais il fait justement dire à l’un de ses personnages que « Steven Spielberg peut aller se rhabiller ». Génie d’un auteur qui semble anticiper les doutes d’un lecteur face à une scène digne d’un film !

Plus de 1400 pages après avoir commencé, quand on referme « Ca », on constate que malgré l’extraordinaire richesse du récit, Stephen King est parvenu à clore toutes les intrigues en apportant des réponses claires… On aime ou on n’aime pas mais ce roman est une sacrée preuve de virtuosité !


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