Le Cantique de Noël de Charles Dickens : un conte de Noël pour tous


Cantique de Noël – Résumé du Conte de Noël

Ebenezer Scrooge est aussi riche qu’il est avare, aussi peu apprécié qu’il a le coeur sec. Marchand à Londres, il n’a d’égards que pour son commerce et ses richesses, se souciant bien peu de ceux qui l’entourent.

Alors que Noël approche, Scrooge ne lit dans cette fête que la perspective de dépenses inconsidérées et voit autour de lui une joie qu’il ne comprend pas et qu’il méprise profondément. Quelle bêtise de fêter Noël !

Pourtant, cette soirée de Noël, Ebenezer Scrooge s’en souviendra longtemps. Il voit apparaître le fantôme de son ancien associé, décédé depuis plusieurs années… et apprend qu’il va recevoir la visite successive de trois esprits. Chacun aura quelque chose à lui montrer… et leurs révélations pourraient bien changer la vie du vieux Scrooge à tout jamais !


Auteur.
Taille du livre126 pages.
Note – ★★★★☆
Cantique de Noël

Cantique de Noël – Critique

Ah, Charles Dickens ! C’est un auteur que je retrouve toujours avec le même plaisir. Une plume qui sait soulever plein de questions morales avec un humour subtil, des histoires qui nous transportent… et ce Conte de Noël, paru sous le titre de Cantique de Noël (ou parfois de Chant de Noël) ! Une lecture de saison :)

C’est un livre que l’on peut apprécier à tout âge, il y a même des albums illustrés à l’Ecole des Loisirs pour les enfants… et c’est un bon moyen de se plonger dans l’ambiance de Noël quand la fête approche !

Charles Dickens nous présente Ebenezer Scrooge. Son nom même ne doit rien au hasard, puisque « Scrooge » signifie en anglais « grippe-sou », « pingre ». « Ebenezer » est un prénom qui n’est pas non plus dépourvu de connotations, puisqu’Eben-Ezer était, dans la Bible (livres de Samuel), un lieu où Dieu a manifesté sa puissance.

Le Scrooge de notre histoire est tout ce qu’il y a de plus déplaisant. C’est un avare (« L’obscurité ne coûte pas cher, c’est pour cela que Scrooge ne la détestait pas » écrit Dickens). De plus, c’est un homme froid et sans cœur avec autrui. Sous la plume de Charles Dickens, cette froideur n’est pas seulement un trait de caractère mais aussi une véritable essence qui habite Ebenezer Scrooge au plus profond de lui-même :

« Le froid qui était au-dedans de lui gelait son vieux visage, pinçait son nez pointu, ridait sa joue, rendait sa démarche roide et ses yeux rouges, bleuissait ses lèvres minces et se manifestait au-dehors par le son aigre de sa voix. Une gelée blanche recouvrait constamment sa tête, ses sourcils et son menton fin et nerveux. Il portait toujours et partout avec lui sa température au-dessous de zéro ».

L’histoire commence à la veille de Noël, alors que Londres est plongée dans une atmosphère très spéciale où il fait déjà presque nuit à la moitié de l’après-midi.

Noël. Une fête que Scrooge abhorre. Que de dépenses somptuaires, y compris chez des gens qui ne peuvent pas se le permettre ! Que d’indécence dans ce bonheur qui s’exprime sur tous les visages ! Ces perspectives le rendent d’autant plus désagréable avec son pauvre commis qui souffre terriblement du froid (chauffer une pièce, ça coûte cher !)… ou avec son neveu, venu lui souhaiter un « gai Noël » envers et contre tout.

Le neveu est tout ce que Scrooge n’est pas : il n’est guère riche mais il s’efforce d’être particulièrement heureux et lit dans Noël une occasion de plus de manifester de la bienveillance et de faire preuve de charité. Sa vision de Noël est d’ailleurs très belle : il décrit la fête comme un moment où « hommes et femmes semblent, par un consentement unanime, ouvrir librement les secrets de leur cœur et voir dans les gens au-dessous d’eux comme de vrais compagnons de voyage sur le chemin du tombeau, et non pas une autre race de créatures marchant vers un autre but ».

Scrooge, lui, regarde tout ceci avec beaucoup de cynisme et n’envisage pas la charité car après tout, si les pauvres meurent parce qu’ils sont trop pauvres, ça diminuera l’excédent de population. Chose étonnante, il défend presque la théorie de la sélection naturelle, développée par Charles Darwin (un anglais lui aussi) en 1859… alors que le Conte de Noël de Dickens est paru en décembre 1853.

Peu à peu, au fil des pages, Dickens nous plonge dans cette ambiance de Noël. Parfois, il suffit de quelques mots pour se projeter dans le climat glacé de décembre :

« Le brouillard et les frimas enveloppaient tellement la vieille porte sombre de la maison, qu’il semblait que le génie de l’hiver se tînt assis sur le seuil, absorbé dans ses tristes méditations ».

Ce froid ambiant ne fait que rehausser la chaleur des moments qui se préparent dans tous les foyers : les bons dîners, les chants, le partage… Scrooge est bien loin de tout cela et lorsqu’il rentre chez lui, il reçoit une visite inattendue qui va bouleverser son Noël : le spectre de Marley, son ancien associé mort depuis 7 ans, vient lui rendre visite. Marley semble condamné à hanter la terre sans trouver le repos et il annonce à Scrooge que trois esprits vont venir le trouver bientôt.

Le drôle de Noël de Scrooge, une adaptation inspirée du livre de Dickens
Le drôle de Noël de Scrooge, une adaptation inspirée du livre de Dickens

L’esprit de Noël passé, celui du présent et celui du futur vont tour à tour lui faire voir des choses. Grâce à eux, Scrooge va non seulement découvrir comment il est perçu par autrui mais va aussi plonger dans la vie d’une multitude de foyers au moment de Noël. C’est parfois une prise de conscience violente et douloureuse, parfois un véritable réveil d’émotions profondément enfouies…

Les descriptions vous transportent tout droit dans le plaisir de Noël. Bonté humaine, à tous les degrés de l’échelle sociale. Profusion sur les étals des marchands : « des poires, des pommes amoncelées en pyramides appétissantes ; […] des tas de noisettes, moussues et brunes, faisant souvenir, par leur bonne odeur, d’anciennes promenades dans les bois, où l’on avait le plaisir d’enfoncer jusqu’à la cheville au milieu des feuilles sèches »…

Scrooge reçoit ainsi une leçon de morale pénétrante… Qu’en fera-t-il ? A vous de lire le Cantique de Noël pour le savoir !

C’est une petite histoire qui se lit très vite et que j’aime beaucoup. C’est probablement l’une des œuvres de Dickens les plus adaptées (il y a même un film d’animation intitulé « Le drôle de Noël de Scrooge ») donc c’est aussi une histoire à partager en famille si vous avez des enfants ou des petits frères/soeurs/neveux/nièces/cousins/cousines. A dévorer sans attendre… et surtout, à garder en tête pour nourrir sa propre vie et réfléchir à ses propres comportements !


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