Au coeur de l’océan, Ron Howard : une lutte en mer pour la survie


Au coeur de l’océan – Résumé

Nantucket, 1819. Le baleinier Essex est sur le point de prendre la mer pour une nouvelle expédition de chasse à la baleine. Les armateurs décident de confier le navire au capitaine George Pollard (Benjamin Walker), héritier d’une famille de baleiniers, au détriment d’Owen Chase (Chris Hemsworth), homme de talent et d’expérience. L’animosité entre les deux est immédiate, d’autant que l’on avait promis à Chase qu’il serait capitaine.

Mais les deux hommes n’ont guère le temps de s’attarder sur leurs différends, il faut préparer le bateau et réunir l’équipage, parmi lequel figure le petit mousse Thomas Nickerson, 14 ans (Tom Holland), dont c’est la première sortie en mer.

Des années plus tard, Nickerson (Brendan Gleeson) est un vieil homme lorsque l’écrivain Herman Melville (Ben Whishaw) vient le trouver, lui demandant de raconter ce qu’est devenu l’Essex. Melville a le sentiment que certaines choses ont été passées sous silence quand on raconte que l’Essex « s’est échoué »… Le bateau a bel et bien fait naufrage, mais l’histoire que Nickerson a à raconter n’est pas celle d’un simple échouage.


RéalisateurRon Howard.
Durée du film minutes.
Note – ★★★☆☆
Au coeur de l'océan, Ron Howard

Au coeur de l’océan – Critique

Dans Au coeur de l’Océan, Ron Howard a voulu aller au-delà du mythe de Moby Dick, le cachalot qui a inspiré à Herman Melville son plus grand roman. Il a souhaité raconter l’histoire vraie des marins qui ont été confrontés au monstre.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la survie n’est pas le thème dominant du film. Ron Howard est spécialiste de la question : dans Rush par exemple, il suivait deux champions de Formule 1 et beaucoup avaient présenté le film comme « un film sur la Formule 1 » quand il s’agissait avant tout d’une aventure humaine confrontant deux hommes à leur propre vision du succès. Pour Au coeur de l’Océan, c’est pareil. Il ne s’agit ni de « Moby Dick », ni d’un film sur la survie en pleine mer

C’est d’abord l’histoire d’une véritable scission entre le capitaine du bateau et son second : le premier est là parce qu’il est né dedans, héritier de toute une génération de baleiniers dans laquelle il doit trouver sa place malgré son manque de génie évident pour la mission ; le deuxième est un vrai chasseur de baleines, passionné et doué, mais il n’a pas le prestige d’un nom réputé et n’est pas né sur l’île.

Chris Hemsworth, à ce titre, domine le film et à vrai dire, le reste de l’équipage fait pâle figure à côté du personnage charismatique qui lui a été confié. Même Matthew Joy (Cillian Murphy), son bras droit, hérite d’un rôle relativement discret. On distingue aussi dans l’équipage le petit mousse Thomas Nickerson, rôle confié au jeune Tom Holland qui a encore la candeur de l’enfance ou encore le cousin du capitaine, Henry Coffin (Frank Dillane), un jeune homme arrogant et nerveux.

Si Holland notamment ne manque pas de talent, j’ai trouvé un peu dommage que l’équipage soit relégué au rang de « second rôle » dans une mission en pleine mer où la notion d’équipe est pourtant clé.

Ron Howard a néanmoins fait un beau travail sur les personnages pour en restituer « l’essence », telle qu’elle est décrite dans les comptes-rendus de la tragédie, tout en passant sous silence les aspects non nécessaires au film : Henry Coffin, par exemple (« Owen Coffin » en réalité, il a été rebaptisé pour éviter toute confusion avec Owen Chase), était d’après les témoignages un raciste notoire, ce qui n’apparaît pas dans le film. En revanche, son côté désagréable a été préservé.

La question du racisme, justement, qui occupait une large place dans les récits réels de la tragédie, est ici passée sous silence.

Chris Hemsworth dans Au coeur de l'océan, Ron Howard

L’opposition entre Chase et Pollard est poussée à son paroxysme. Un peu trop à mon goût : bien sûr, dans l’histoire, la famille Pollard joue un rôle clé dans le tissu économique local et il FAUT que le fils soit capitaine de l’Essex.

Mais George Pollard est si effacé (et parfois entêté jusqu’à la bêtise !) que lui confier la charge d’une expédition de plusieurs années tient d’une mise en danger presque inconcevable.

Rien à dire, en revanche, sur la qualité des décors et de la photographie : la reconstitution du Nantucket du début du 19ème siècle est menée de main de maître, tout comme celle de l’Essex. Le bateau est presque un personnage à part entière, dont on perçoit les textures, les bruits, les couleurs, la « respiration ».

Les effets spéciaux ne sombrent pas dans l’excès. Certes, ce cachalot qui s’en prend à l’Essex est VRAIMENT tenace (un peu trop ?) mais il est plus vrai que nature.

Quant à ceux qui se demandent si c’est gore… il y a une ou deux scènes peu ragoûtantes (c’est une chasse à la baleine et pas une croisière de plaisance !) mais globalement, Ron Howard a su doser : l’histoire réelle de la tragédie est à vrai dire bien plus atroce que ce que l’on nous montre à l’écran. Au cœur de l’Océan joue davantage sur l’évocation, en particulier en ce qui concerne le sort de l’équipage.

Vous l’aurez compris, le film comporte à mes yeux de bons ingrédients mais les proportions du mélange m’ont semblé à certains égards décevantes. Si vous allez le voir, n’hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires !


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