L’éveil, Penny Marshall : Robin Williams joue les neurologues


L’éveil – Résumé

En 1939, le petit Leonard Lowe plonge dans le coma suite à une épidémie d’encéphalite léthargique.

30 ans plus tard, le Dr Malcolm Sayer, un brillant neurologue fraîchement arrivé à l’hôpital Bainbridge, décide de tenter une expérience pour sortir ce patient et d’autres de l’état de torpeur où ils sont plongés.

Mais peut-on reprendre une vie normale quand on est passé à côté de trente années de sa vie ?


RéalisateurPenny Marshall.
Durée du film minutes.
Note – ★★★★☆
L'éveil, Penny Marshall

L’éveil – Critique

L’éveil est une histoire vraie, presque difficile à croire tant elle est étonnante. Elle est tirée d’un livre d’Oliver Sacks, neurologue et auteur de génie. Ses romans, inspirés par son propre vécu avec ses patients, sont passionnants si vous aimez ce genre de sujet et très bien écrits. L’éveil n’échappe pas à la règle.

L’histoire se déroule à New York, dans le Bronx, à la fin des années 60. Un neurologue, le Dr Sayer (Robin Williams) est embauché dans un service où de nombreux patients souffrent de catatonie. Le regard dans le vague, immobiles, totalement dépendants, ils ne réagissent plus du tout aux stimuli extérieurs. Parmi eux se trouve Leonard Lowe (Robert De Niro) : il a plongé dans cet état catatonique alors qu’il n’était qu’un pré-ado et n’en est pas sorti depuis une trentaine d’années. Sa mère, devenue âgée, continue à lui rendre visite chaque jour.

Sayer nous est décrit comme un chercheur, qui a eu peu d’expériences avec de « vrais patients » auparavant. Terriblement timide, célibataire et mal à l’aise avec la gent féminine, le médecin possède en revanche un esprit analytique remarquable. Il est hanté par la situation de ces malades catatoniques et décide de rechercher les causes de leurs symptômes puis d’expérimenter un traitement afin de les réveiller…

L’histoire elle-même est assez fascinante. On lit parfois dans la presse ces récits de gens qui ont passé des années dans le coma puis se sont réveillés subitement… c’est un peu ce type d’événement qui nous est présenté dans le film. Subitement, Leonard Lowe revient à lui dans un monde qui n’a plus rien à voir avec celui qu’il a connu. Il était enfant, il est désormais homme sans avoir connu sa jeunesse.

Robin Williams et Robert De Niro

Le film de Penny Marshall soulève de nombreuses facettes de la problématique : la dimension financière, la dimension éthique aussi. Quelles conséquences l’éveil peut-il avoir pour ces patients restés si longtemps dans leur propre monde ? Qu’ont-ils ressenti pendant tout ce temps ? Ont-ils seulement ressenti des choses ou étaient-ils comme « anesthésiés » ?

Il est également question de la dynamique relationnelle modifiée par ce réveil : la mère de Leonard Lowe n’a connu son fils que « petit garçon ». Il se réveille adulte sans qu’elle soit nécessairement consciente de cette évolution. A un niveau plus profond, on finit par se demander ce qui fait de nous ce que nous sommes. Être éveillé suffit-il ? Comment se construire quand on a été privé d’expériences humaines pendant tout un pan de sa vie ?

L’éveil est un film dérangeant, car il donne parfois l’impression qu’il est plus facile de laisser ces patients dans leur état que de prendre des risques. Le Dr Sayer doit lutter contre sa hiérarchie, dans un environnement où il semble être pris pour un illuminé… Robin Williams livre une interprétation très convaincante du personnage, notamment dans son langage corporel, qui révèle à la fois son mal-être social, son intelligence et son humanité.

Sayer était sûrement plus à l’aise dans un labo que dans un service de psychiatrie… mais il conserve un profond amour pour ses patients, une envie de les aider qui tient à la fois de la curiosité scientifique et d’un intérêt sincère pour eux, sans aucune pointe d’orgueil. Robert De Niro s’illustre lui aussi grâce à une prestation tout en finesse : Leonard Lowe n’apparaît jamais comme un pauvre être sur lequel on s’apitoie mais comme un homme pour lequel on éprouve de la compassion et de la compréhension.

Robin Williams dans l'Eveil de Penny Marshall

Sur le fond, l’histoire et ses implications m’ont beaucoup fait penser au livre Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes (à ne pas manquer si vous aimez ce type d’expérience scientifique !). Dans la forme, les choses pourraient être améliorées : je n’ai pas trouvé la réalisation de Penny Marshall particulièrement originale ou marquante. L’intrigue est forte, l’adaptation du livre bien réalisée et bien interprétée… mais j’ai trouvé qu’il manquait le petit supplément d’âme qui transforme un très bon film en film mémorable.

L’éveil reste néanmoins une très belle expérience cinématographique et l’un des très nombreux piliers de la filmographie de Robin Williams.


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