La blessure, la vraie, François Bégaudeau


La blessure la vraie – Résumé

Depuis vingt ans à vrai dire je n’ai plus cessé de rire.

C’en est troublant, presque inquiétant, une anomalie car il y aurait plutôt de quoi pleurer, tragédies, saloperies, maladies, labeur de vivre, effroi de ne plus.

Toujours j’ai donné le change, mais aujourd’hui me trouve las d’esquiver et pressé d’admettre qu’en effet il y a quelque chose qu’il ne faut plus tarder à raconter.

Le temps est venu quoi qu’il m’en coûte de remonter à la blessure.

De remonter à 86.

À l’été 86.


Auteur.
Taille du livre320 pages.
Note – ★★☆☆☆
La blessure, la vraie, François Bégaudeau

La blessure, la vraie – Critique

Pourquoi une note si décevante ? Je pense qu’elle tient, en partie, à la non-satisfaction de mes attentes après lecture de la quatrième de couverture.

La blessure, la vraie met en scène un héros adolescent qui retrouve sa bande d’amis pour des vacances estivales en Vendée au milieu des années 80. Le lecteur est immédiatement happé par un univers où règne l’insouciance, à une époque où Internet n’existait pas et où les jeunes ne passaient pas l’été rivés à leurs Smartphones. Les deux mois de vacances s’écoulaient entre oisiveté et nature, virées à la plage ou à la fête foraine, au café PMU local, au sein d’une bande soudée où l’on vit ses premières expériences dans une liberté enivrante. Cette atmosphère est dépeinte avec brio.

De même, la personnalité du jeune héros se révèle attachante : un peu rebelle, un peu philosophe, il s’est fixé un grand objectif pour ces vacances d’été : perdre sa virginité. Un cap de la vie dont il s’est fait une idée bien précise. Il ne suffit pas de « le faire », il faut également le faire savoir et il y a dans cette conquête un orgueil tout masculin. Manquant d’assurance par rapport à son copain Joe à qui aucune fille ne semble résister malgré son sans-gêne et sa tenue vestimentaire invariablement identique, le jeune homme entend néanmoins percer les mystères de la gent féminine avant la rentrée.

Malgré cette écriture plutôt réaliste, quelque chose dans ce livre manque. La quatrième de couverture livre une promesse, celle d’une « blessure » qui, visiblement, a affecté le narrateur au point de transformer sa personnalité. On pressent l’urgence de la raconter et l’importance qu’elle revêt. On commence le livre en s’attendant à cette péripétie, à cet élément perturbateur qui va entraîner l’intrigue dans une tout autre direction. Une page, dix pages, cent pages. Il ne survient pas. Et en dépit d’un univers captivant, on reste sur sa faim, dans l’attente d’un hypothétique renversement de situation qui n’arrive jamais.

Le décor vendéen qui séduisait au début du livre par son réalisme devient lassant au fil des pages par sa monotonie. Le dénouement apporte un semblant d’action trop tardif et dont la dimension imaginaire est discordante par rapport au reste du livre. Cela ne suffit pas à rompre l’ennui ressenti et l’impression finale reste celle d’une déception.


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2 commentaires sur “La blessure, la vraie, François Bégaudeau

  • Riccardo Moretti

    J’ai lu le livre de François Bégaudeau il y a un an et demi, et hier j’ai vu au cinéma le film Mektoub My Love qui est censé etre la libre adaptation pour le grand écran. Je ne serais pas si drastique à propos de La blessure, la vrai, il s’agit d’un simple roman de formation très captivant.

    Répondre à Riccardo
    • Marlène

      Je ne connais pas le film mais le livre ne m’a pas du tout laissé un bon souvenir. Je pense que certaines écritures nous touchent plus que d’autres et pour ma part, ça ne m’a pas marquée :)

      Répondre à Marlène
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