La chasse, Thomas Vinterberg : un instituteur accusé d’attouchements sexuels


La chasse – Résumé

Après un divorce difficile, Lucas, quarante ans, a trouvé une nouvelle petite amie, un nouveau travail et il s’applique à reconstruire sa relation avec Marcus, son fils adolescent.

Mais quelque chose tourne mal. Presque rien. Une remarque en passant. Un mensonge fortuit.

Et alors que la neige commence à tomber et que les lumières de Noël s’illuminent, le mensonge se répand comme un virus invisible.

La stupeur et la méfiance se propagent et la petite communauté plonge dans l’hystérie collective, obligeant Lucas à se battre pour sauver sa vie et sa dignité


RéalisateurThomas Vinterberg.
Durée du film minutes.
Note – ★★★☆☆
La chasse, Thomas Vinterberg

La chasse – Critique

La rumeur est une jolie petite peste, qui peut littéralement détruire quelqu’un. Elle a tendance à se diffuser très vite… alors que la vérité semble avoir bien plus de mal à se propager. Des histoires de rumeur, je crois qu’on en a tous connu, en particulier à l’école… Untelle aurait embrassé Untel, tel prof vivrait une histoire d’amour secrète avec tel autre. Parfois, les rumeurs concernent des sujets très innocents… mais pas toujours.

Dans le film « La chasse » de Thomas Vinterberg, un enseignant est confronté à l’une des rumeurs les plus destructrices qui soient… Le film nous raconte la descente aux enfers d’un instituteur, Lucas (Mads Mikkelsen), accusé à tort d’avoir eu un comportement déplacé envers un enfant… et l’histoire tient presque autant du documentaire que de la fiction.

Lucas est un homme réservé qui mène une existence paisible dans un petit village. Depuis la fermeture de l’école locale, il travaille dans un jardin d’enfants et s’épanouit pleinement à ce poste. Fraîchement divorcé et n’ayant pas la garde de son fils Marcus, il essaie de reconstruire sa vie amoureuse dans les bras d’une nouvelle femme. Mais un jour, l’une de ses petites élèves, Klara, laisse entendre qu’elle a vu l’enseignant nu. Elle donne des détails sur l’anatomie masculine qu’une petite fille de cet âge n’est pas censée connaître.

Le spectateur est mis dès le départ dans la confidence : Klara a menti. Mais évidemment, la machine du soupçon se met en marche. Un psychologue pour enfants dresse une liste de symptômes banals auxquels les parents sont invités à prêter attention pour détecter si leur enfant a pu, lui aussi, être victime d’abus sexuels. Lucas est mis à pied. La police intervient. L’équilibre de cette petite communauté sans histoire se disloque.

Klara elle-même se retrouve prise dans un tourbillon qu’elle peine à comprendre. « J’ai dit des bêtises », tente-t-elle d’expliquer, en vain. Les adultes sont convaincus qu’elle est si traumatisée qu’elle refoule ce qui s’est réellement passé. Pendant deux heures, nous vivons le drame aux côtés de Lucas, complices de son innocence.

La chasse, Thomas Vinterberg

La petite Klara est jouée avec beaucoup de fraîcheur et d’innocence par Annika Wedderkopp. Mads Mikkelsen livre lui aussi une interprétation convaincante et l’on se prend rapidement à éprouver de la sympathie pour le personnage, un pauvre homme à l’air doux et fragile, blessé au plus profond de lui-même.

Les accusations de pédophilie sont terribles car elles laissent toujours flotter ce parfum de suspicion. Et si l’enfant avait dit vrai ? Et si l’enfant avait vu des choses ? Une fois que le doute s’est insinué dans les esprits, il est trop tard. La vérité, finalement, ne blanchit pas l’accusé.

Malgré tout, j’ai trouvé que le film manquait d’originalité. Le scénario est prévisible car ce genre d’affaire a plusieurs fois fait la Une de l’actualité, rendant le public capable d’anticiper son déroulement.

Mais surtout, la caméra reste peu audacieuse et le tout est filmé de manière assez ordinaire: gros plans pour insister sur les états d’âme d’un personnage, plans larges sur les protagonistes quand il s’agit de montrer un « système social » en fonctionnement (par exemple, lorsque toute l’équipe pédagogique se rassemble pour évoquer « l’affaire »). Ça manque un peu d’audace et de style et c’est pour cette raison que le film La chasse de Thomas Vinterberg m’a paru un peu plat.

On ne peut pas s’empêcher d’être gagné petit à petit par le malaise de ce malheureux instituteur… Enseigner peut vite devenir un métier à risque face à une telle tourmente !


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5 commentaires sur “La chasse, Thomas Vinterberg : un instituteur accusé d’attouchements sexuels

  • Valérie

    Je vais assez peu sur les blogs puisque j’ai un groupe de lecture mais aussi une page livresque et une page cinéma Facebook qui me prennent pas mal de temps. Ton blog est l’exception qui confirme la règle, Serial Lectrice. Sûrement parce que tu es attentive aux messages laissés. C’est très agréable. J’aime beaucoup cette réactivité que je retrouve avec certaines de mes amies sur mes lectures ou sur les leurs. Et puis, je suis d’un naturel curieux pour les livres et les films, donc, quand j’ai un peu de temps, je viens jeter un petit coup d’œil par ici.

    Répondre à Valérie
  • Valérie

    Oh que oui c’est triste et tellement destructeur psychologiquement. Il faut avoir un mental d’acier pour arriver à se relever face à la rumeur. Le film le démontre bien. Je plains vraiment les enseignants qui sont exposé à ce genre de situation tous les jours.

    Autrement, je vais sur ton blog de temps en temps. Il est super. J’y retrouve pas mal de chose qui m’ont plu que ce soit dans l’onglet « livres » ou dans l’onglet « films ». Et puis, ça me donne de nouvelles idées, c’est sympa. Merci. :)

    Répondre à Valérie
    • Serial Lectrice

      Merci de ta fidélité, tes commentaires me font très plaisir :) C’est toujours intéressant de savoir ce que d’autres personnes ont pensé d’une œuvre, on perçoit parfois les choses très différemment selon notre vécu.

      Répondre à Serial
  • Valérie

    J’ai beaucoup aimé ce film (Voici mon avis). J’avais déjà vu plusieurs films avec Mads Mikkelsen et je n’ai pas été surprise de son jeu d’acteur. En fait les films scandinaves me plaise beaucoup parce qu’ils sont toujours très proches de la réalité, il n’y a pas de sur-jeu. Ce film m’a vraiment mise en colère. Je n’ai pas compris pourquoi les gens s’acharnaient sur ce type qui avait l’air pourtant si gentil. :) Je ne dis pas qu’il ne faut pas tenir compte de la parole d’un enfant mais il faut aussi savoir faire la part des choses.

    Répondre à Valérie
    • Serial Lectrice

      Le problème avec ce genre d’histoire c’est que c’est souvent parole contre parole… donc même si l’innocence est prouvée grâce à un examen attentif des faits et dires de l’enfant, le soupçon reste chez les gens et il est presque plus destructeur que l’histoire elle-même. Je connais quelques enseignants et ils font tous très attention aujourd’hui à ne pas se retrouver dans une situation où ils sont seuls avec un enfant, y compris quand il s’agit juste de soigner un genou écorché. C’est triste…

      Répondre à Serial
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