La maladroite, Alexandre Seurat : un livre bouleversant sur la maltraitance


La maladroite – Résumé

Pendant de longs mois, tout l’entourage de Diana, 8 ans, a soupçonné que la petite fille était maltraitée par ses parents. Ses enseignantes, les directrices des écoles successives où elle est passée, toutes ont essayé d’alerter les “autorités compétentes” comme le veut la formule consacrées.

Elles se sont heurtées tour à tour aux réticences des uns à agir, à la lourdeur administrative et à leurs propres doutes… Après tout, quand on l’interrogeait sur ses blessures, Diana se disait toujours terriblement maladroite et sa version des faits concordait toujours avec celle de ses parents.

Mais aujourd’hui, Diana a disparu et ses proches racontent.


Auteur.
Taille du livre121 pages.
Note – ★★★★☆
La maladroite, Alexandre Seurat

La maladroite – Critique

Alexandre Seurat livre avec “La maladroite” un premier roman troublant sur la maltraitance. Il est raconté comme un rapport de police où, successivement, les protagonistes de l’histoire viennent partager un pan de leur vécu pour expliquer qui était la fillette disparue et comprendre ce qui lui est arrivé.

A travers leurs témoignages croisés, on découvre le calvaire de Diana mais aussi la situation terrible dans laquelle se retrouvent tous ceux qui “soupçonnent quelque chose” sans en avoir la preuve formelle.

Car bien sûr, Diana porte des traces de coups, de brûlures, de blessures. Bien sûr, elle vient parfois à l’école le visage gonflé. Mais ses parents ont réponse à tout. La pauvre souffre d’une maladie immunitaire, elle se bagarre beaucoup avec son frère et puis, elle est si maladroite ! C’est une famille où tout le monde a parfaitement appris son rôle. Le frère, “faux témoin” de choix pour appuyer le discours des parents de Diana ; la famille, qui s’étonne du retard de l’enfant ; Diana elle-même, qui prétend à qui veut l’entendre que sa maladresse justifie tout.

Au fil des pages, on s’attache à cette gamine dont on comprend l’extrême soif d’affection. On comprend les enjeux qu’il peut y avoir à agir trop vite : et si on traînait dans la boue à tort des parents aimants ? On se laisse gagner par la frustration d’être aussi impuissants que les héros d’Alexandre Seurat englués dans une véritable toile d’araignée psychologique et administrative.

Son récit est factuel, direct, sans détours, tout en laissant une place subtile à l’émotion. Il déconstruit l’histoire de Diana avec rigueur tout en laissant poindre une palette de sentiments très riche. Une belle découverte littéraire sur un sujet qui peut vite basculer dans l’excès de pathos.


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