La tête de l’emploi, David Foenkinos : quand la vie d’un quinquagénaire s’écroule


La tête de l’emploi – Résumé

A 50 ans, Bernard se voyait bien parti pour mener la même vie tranquille jusqu’à la fin de ses jours. Mais parfois l’existence réserve des surprises…

De catastrophe en loi des séries, l’effet domino peut balayer en un clin d’œil le château de cartes de nos certitudes.

Et le moins que l’on puisse dire est que cet homme ordinaire, sympathique au demeurant, n’était pas armé pour affronter ce qui l’attendait.

Buster Keaton post-moderne, il va devoir traverser ce roman drôle et mélancolique pour tenter de retrouver sa place dans un monde en crise.


Auteur.
Taille du livre285 pages.
Note – ★★★☆☆
La tête de l’emploi, David Foenkinos

La tête de l’emploi – Critique

Et si, au lieu de montrer un homme exceptionnel, on nous montrait un homme d’une banalité exemplaire ? C’est le choix que fait David Foenkinos dans La tête de l’emploi.

Son personnage central, Bernard, est un quinquagénaire quelconque qui mène une vie bien rangée : un travail dans une banque, où il n’est ni en haut ni en bas de l’échelle ; une vie conjugale sans vagues et sans éclat avec sa femme, Nathalie ; une fille, Alice, la vingtaine pétillante, qui s’apprête à quitter le nid familial. Une existence réglée comme du papier à musique, au point que Bernard n’a jamais imaginé que la machine pouvait un jour s’enrayer. Et pourtant, c’est précisément ce qui va lui arriver.

Dans une loi des séries comme on doit parfois en affronter, les épreuves s’enchaînent : au travail, dans son couple, tout ce qui donnait à sa vie sa rassurante stabilité s’effondre.

Bernard doit retourner vivre chez ses parents et traverse un profond passage à vide. Il le pressentait : son prénom ne lui promettait pas la grandeur. On ne peut pas devenir une personne hors du commun quand on s’appelle Bernard : “Le Bernard”, écrit Foenkinos, “impose une sorte de familiarité tacite, pour ne pas dire immédiate. On n’a pas peur de taper dans le dos d’un Bernard”. Et d’ajouter : “Avec le temps, j’ai saisi la dimension sournoise de mon prénom : il contient la possibilité du précipice. Oui, j’ai toujours ressenti le compte à rebours de l’échec, dans cette identité qui est la mienne”. Mais une fois que l’échec est là, comment faire face ? Comment s’en relever ?

Avec un peu d’empathie, on reconnaît facilement que l’histoire de Bernard pourrait arriver à l’un de nos proches, si ce n’est déjà fait. Avec un peu de sympathie, on espère qu’il va s’en sortir. Avec un peu d’agacement, on regrette qu’il manque de caractère, d’audace, de piquant. Et le livre La tête de l’emploi me laisse finalement une impression mitigée : une belle plume qui permet de lire l’histoire d’une traite sans trop soupirer… mais une histoire qui, dans sa banalité, n’est pas parvenue à susciter en moi des émotions fortes, qu’elles soient positives ou négatives.

Une note moyenne pour un héros qui ne sort pas du lot, ça respecte l’équilibre de l’univers, non ?


Poster un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 commentaires sur “La tête de l’emploi, David Foenkinos : quand la vie d’un quinquagénaire s’écroule

  • Serena

    Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié ce roman, moins que Charlotte, c’est vrai, mais quand même. Je crois qu’on est dans une société où il est de plus en plus difficile de se poser professionnellement parlant, alors du coup, j’ai trouvé le roman assez réaliste et intéressant. J’ai été touché par Bernard également, qui semble parfois un peu gauche voire un peu naïf ou carrément pas les pieds sur Terre, mais j’ai apprécié ce personnage. J’en ai parlé sur le blog d’ailleurs :) Belle après-midi !

    Répondre à Serena
Si vous aimez les articles du site, n'hésitez pas à faire vos achats sur Amazon.fr via ce lien ; il me permettra de toucher une commission grâce au programme Partenaires Amazon EU.