Le Trou, Jacques Becker


Le Trou – Résumé

Dans une cellule de la prison de la Santé, quatre détenus savent qu’ils ne reverront pas la lumière du jour avant bien longtemps, risquant tous de lourdes peines. Il y a là Jo, Roland, Manu et Vosselin (dit “Monseigneur”). Ils prévoient de s’évader en creusant un trou dans le sol pourtant bétonné de leur cellule. Mais ce projet d’évasion bien ficelé se trouve soudain compromis lorsque l’on transfère dans leur cellule un nouvel arrivant, Claude Gaspard.

Gaspard est pour sa part accusé d’avoir tiré sur sa propre femme avec l’intention de la tuer. Mais est-ce un crime suffisamment grave pour lui donner envie de fuir la prison ? Faut-il lui confier le projet d’évasion ou pas ?


RéalisateurJacques Becker.
Durée du film minutes.
Note – ★★★★☆
Le Trou, Jacques Becker

Le Trou – Critique

Creuser un trou peut-il faire un bon scénario de film ? Oui, mille fois oui et ce film de Jacques Becker en est la preuve incontestable ! Dans le huis clos d’une petite cellule de prison occupée par cinq hommes qui ont tout juste la place d’y dormir côte à côte, l’histoire parvient pourtant à nous tenir en haleine du début à la fin.

On y retrouve les composantes classiques du film d’évasion : une ingéniosité à toute épreuve et un talent indéniable pour le bricolage afin de concevoir LA manière parfaite de s’évader ; la surveillance du couloir extérieur et l’angoisse que l’on découvre leur projet ; le rythme de la prison, avec ses rondes, ses fouilles, ses promenades, autant d’occasions d’être découvert ; le risque quasi permanent d’un changement de cellule, d’un transfert qui compromettrait à jamais les plans échafaudés…

Il y a de la ruse, il y a de la sueur, il y a beaucoup de solidarité aussi : les détenus, par exemple, ne nous sont pas montrés comme des monstres mais comme des hommes capables de mettre en commun les vivres qu’ils reçoivent. Tous participent aux préparatifs de l’évasion, même si l’un d’entre eux ne s’évadera pas. Ils affichent aussi une complicité amicale avec le personnel pénitentiaire, autant d’éléments qui contribuent à leur donner une vraie épaisseur psychologique.

Le trou de Jacques Becker

La petite cellule étriquée offre un décor qui pourrait paraître bien maigre : quelques paillasses, un petit placard, des toilettes et un lavabo, une pile de cartons que les détenus plient pour en faire des boîtes. Mais loin d’être une contrainte, ce décor agit au contraire comme un révélateur des caractères, des aspirations de chacun.

Le temps occupe une place centrale dans Le Trou : c’est le temps qui s’écoule entre les rondes, le temps que l’on risque de passer en prison, le temps qui sera nécessaire à creuser le trou vers la sortie, le temps que l’on s’efforce de mesurer par tous les moyens avec un sablier de fortune. C’est le clocher qui sonne à l’extérieur de la prison, c’est le rituel des gamelles que l’on remplit et que l’on ramasse à heure fixe.

Le bruit, aussi, prend soudain un autre sens : le flic-floc du robinet qui fuit et menace d’inonder la cellule et de compromettre l’évasion, les grilles et les trousseaux de clés, les portes qui s’ouvrent et se ferment dans un fracas de métal… et bien sûr, devoir percer le sol bétonné de la cellule sans attirer l’attention !

On se dit souvent qu’ils n’y arriveront jamais, que c’est trop risqué, trop dur, trop long… et puis, le film suit son cours pendant plus de 2 heures sans qu’on ne s’ennuie une seule seconde. Je vous laisserai le plaisir de découvrir la fin du film, qui donne encore une dimension supplémentaire à l’histoire. Un film à voir !


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