Les micro-humains, Bernard Werber : et s’il existait une race d’humains de 17 cm ?


Les micro-humains – Résumé

Composée de chercheurs et de militaires, la société française Pygmée Prod commercialise les services d’une nouvelle race d’humains créée de toutes pièces : les Emachs, des femmes et des hommes ne dépassant pas 17 cm.

Ces êtres réduits servent sur la planète entière à diverses tâches : leur petite taille et la minutie de leurs gestes font des merveilles ; certains se sont même illustrés dans des actes héroïques.

Tout pourrait continuer ainsi, si un fait divers sordide ne venait tout bouleverser. En Autriche, un adolescent se filme en train de torturer trois de ces Emachs. Sur Internet, la vidéo fait un buzz.

Le Dr Wells, à l’origine du projet, prend alors conscience que ses créatures ne sont pas considérées comme des êtres humains. Il milite activement pour que les grands de ce monde changent leur point de vue sur ces mini-humains et leur donnent des droits. De leur côté, les Emachs prennent le maquis et entrent en résistance…


Auteur.
Taille du livre440 pages.
Note – ★★★☆☆
Les micro-humains, Bernard Werber

Les micro-humains – Critique

Les péripéties sont nombreuses dans Les micro-humains, deuxième tome de la trilogie Troisième Humanité : des événements de l’actualité réelle (sauvetage des mineurs chiliens) se mêlent à une réflexion plus profonde sur notre rapport à la planète et aux générations futures qui en hériteront.

L’intrigue soulève aussi de multiples questionnements éthiques : les Emachs ayant été créés en laboratoire, peuvent-ils être considérés comme des êtres humains ? Ont-ils un réel libre arbitre et que peut-il entraîner ? Quelles sont les conséquences de l’eugénisme pratiqué par les scientifiques (les Emachs sont à 90% des femelles, les œufs mâles excédentaires étant détruits) ? Des êtres humains peuvent-ils faire l’objet d’un commerce en toute légalité ? Et lorsqu’une entreprise chinoise décide de copier le concept des Emachs à grande échelle, cela ouvre une nouvelle réflexion sur la contrefaçon, la production industrielle versus la production artisanale, le rapport qualité/prix, etc.

Une dimension plus spirituelle traverse l’ouvrage puisqu’il est question de réincarnation : cette nouvelle humanité créée à travers les Emachs est-elle, finalement, la reproduction d’une humanité plus ancienne et d’une civilisation aujourd’hui disparue ? Ce vécu transgénérationnel doit-il nous amener à changer de comportement ? Agit-il comme un révélateur des dangers qui nous menacent ?

Bernard Werber convoque le point de vue du Vatican mais fait également intervenir la justice, le monde politique, l’opinion publique et la planète Terre elle-même dans ces débats. Il en résulte un livre qui est à la fois très riche, très dense (440 pages avec beaucoup d’informations diverses) mais aussi un peu pesant. L’approche des problématiques environnementales garde un petit côté moralisateur qui ne diffère guère des discours actuels sur le sujet, la description des hommes politiques sombre parfois dans le cliché (homme de pouvoir entouré de jeunes femmes dont les activités flirtent avec la prostitution).

Bernard Werber conserve tout son talent pour les intrigues scientifiques mais dans Les micro-humains, l’histoire et ses rebondissements sont parfois noyés sous des réflexions philosophiques, des faits d’actualité que j’ai pour ma part trouvés un peu trop présents.

On appréciera néanmoins les pointes d’humour (avec une mention spéciale au nom donné au Pape !), la justesse des questions soulevées, lesquelles brillent à la fois par leur pertinence et leur complexité. Par ailleurs, on constate que la critique provient rarement des « grands humains » eux-mêmes mais plus souvent des Emachs, de la Terre personnifiée. Manœuvre habile que d’amener une remise en question à travers un regard extérieur.

Les fans de l’auteur apprécieront les multiples références à ses autres œuvres. Ceux qui le découvrent ne seront pas pour autant perdus. Si vous n’avez pas lu (et ne souhaitez pas lire) le tome 1, le livre Les micro-humains se lit sans problème comme un roman à part entière. Il ne me laissera pas un souvenir impérissable contrairement à d’autres œuvres de Werber mais reste un livre bien écrit.


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