Ma part d’ombre, l’autobiographie de James Ellroy


Ma part d’ombre – Résumé

James Ellroy avait 10 ans quand sa mère a été assassinée, son corps étranglé jeté près d’un lycée de Californie. Il est devenu par la suite un auteur de référence, grand maître du crime et du roman noir.

Entre le drame et cette apparente consécration, Ellroy a traversé des épisodes chaotiques. Négligence parentale, alcoolisme et toxicomanie… et cette quête terrible : qui a donc tué sa mère ?

« Ma part d’ombre » est son autobiographie, qui vous plonge avec une honnêteté déconcertante dans le parcours d’un homme hanté par une femme à la chevelure rousse.


Auteur.
Taille du livre575 pages.
Note – ★★☆☆☆
Ma part d'ombre, James Ellroy

Ma part d’ombre – Critique

Je n’ai jamais lu les œuvres de James Ellroy, grand spécialiste du roman noir à la bibliographie bien fournie. Mais j’ai choisi de me plonger dans son autobiographie, Ma part d’ombre, qui retrace les sources de sa fascination pour le crime et son passé troublé. James Ellroy est de ces gens qui ont vécu un drame…

Lorsqu’il avait 10 ans, on a retrouvé le cadavre de sa mère, étranglée par un inconnu. Mais derrière le meurtre se cache une réalité peut-être encore plus tragique : Ellroy était un enfant malheureux, déchiré entre un père présent mais irresponsable et une mère quelque peu portée sur l’alcool… Un divorce conflictuel, des accusations qui fusaient d’un côté comme de l’autre… Ellroy a connu une véritable descente aux enfers, entre toxicomanie et fantasmes incestueux, délits et mensonges parentaux.

Ma part d’ombre retrace cette histoire : Ellroy plonge d’abord dans la reconstitution du meurtre de sa mère, une rousse flamboyante dont il s’est créé au fil des années son propre portrait, avant d’évoquer son parcours suite au drame puis l’enquête de la police et son implication pour retrouver le meurtrier.

Le style d’écriture est unique et les adeptes de James Ellroy le reconnaîtront à n’en pas douter : phrases courtes, rythme saccadé, ton quelque peu aseptisé et très factuel… Une écriture aussi singulière qu’elle peut être dérangeante quand on se rappelle que l’auteur parle de sa propre mère. Il explore les circonstances du meurtre, l’état du corps et le rapport d’autopsie avec une approche aussi rigoureuse que s’il n’avait eu aucun lien affectif avec la victime et pourtant, ce lien est partout.

Ma part d’ombre a le mérite de montrer le « réel » derrière un meurtre… et montre surtout que ce réel se mêle à l’imaginaire. Contrairement à un auteur de fiction omniscient, qui connaît – presque – tout du destin et de la vie de ses héros, Ellroy était un enfant avec une certaine image de sa mère. Une image pas forcément conforme à la réalité…

Cette autobiographie tient autant d’une enquête que d’une psychanalyse. Parfois, on se noie sous l’avalanche de détails, dans l’intimité étouffante du passé de l’auteur. Parfois, on se laisse emporter par sa quête et par les efforts déployés pour mettre à jour la vérité, quelle qu’elle soit. C’est un livre en forme d’obsession pour cette femme qu’il connaît et ne connaît pas.

A l’arrivée, j’ai eu le sentiment que ce flot d’informations ne faisait que rendre le passé encore plus insaisissable, la vérité encore plus mystérieuse comme un pain de savon qui glisserait sans cesse plus loin à mesure que les indices et les pistes s’accumulent.

C’est un livre sans doute passionnant pour les adeptes d’Ellroy, qui aide probablement beaucoup à comprendre son oeuvre et sa fascination pour certains crimes célèbres comme l’affaire du Dahlia noir, la torture puis le meurtre jamais élucidé d’une jeune femme du nom d’Elizabeth Short… Mais pour ma part, j’ai trouvé le temps long.


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