Maman a tort, Michel Bussi


Maman a tort – Résumé

Vasile Dragonman est psychologue scolaire et parmi ses petits patients figure un enfant dont les déclarations l’intriguent. Malone, trois ans et demi, prétend que sa maman n’est pas sa vraie maman. Il raconte, avec des précisions étonnantes pour un garçon de cet âge, sa vie d’avant. Une vie où Malone affirme avoir vu des fusées et un bateau pirate.

L’insistance de l’enfant, sa capacité à décrire avec autant de constance certains détails éveillent en Vasile une intuition. Celle que Malone dit la vérité. Pourtant, tout atteste du contraire mais Vasile décide de contacter la police.

Marianne Augresse, commandante, n’a guère de temps à consacrer à ces histoires qu’elle prend pour des fables tout droit sorties de l’imagination d’un enfant. Elle est sur le point de coincer un dangereux braqueur en cavale, Timo Soler, impliqué avec des complices dans un casse à Deauville qui a fait deux morts et dont on n’a toujours pas retrouvé le butin ni coincé les auteurs…


Auteur.
Taille du livre512 pages.
Note – ★★☆☆☆
Maman a tort, Michel Bussi

Maman a tort – Critique

Quand j’avais découvert Michel Bussi avec Un avion sans elle, je m’étais dit que j’avais trouvé l’auteur parfait pour une lecture de vacances. Une écriture fluide, une histoire un brin gentillette et simple mais divertissante. Et je m’étais promis de me plonger dans ses autres livres. « Maman a tort » est sorti il y a deux jours, l’occasion de vous livrer mes impressions sur le dernier opus de Michel Bussi.

Le roman commence dans un aéroport. Un enfant, Malone, s’apprête à prendre l’avion avec sa maman dans une atmosphère de tension extrême. Un braqueur en cavale depuis de longs mois est sur le point d’être intercepté par la police, qui pense qu’il pourrait s’enfuir via l’aéroport du Havre-Octeville.

Des affiches ont été accrochées partout : un portrait d’Alexis Zerda, le cerveau de la bande responsable du braquage… et la photo d’une femme, elle aussi recherchée par la police.

Lorsque l’employée de l’aéroport parle à Malone de sa « maman » qui l’accompagne, elle surprend un regard étrange de l’enfant qui, au lieu de lever les yeux vers la femme avec qui il voyage, fixe celle dont le visage s’étale sur l’avis de recherche.

Nous sommes ensuite projetés dans le passé pour comprendre les événements qui ont conduit Malone dans cet aéroport. Le livre Maman a tort s’articule donc autour de deux intrigues : la traque de braqueurs ayant escamoté un butin conséquent… et le mystère de cet enfant qui « s’invente une vie ». Mais Malone invente-t-il vraiment ? En est-il capable à cet âge ?

Il prétend que son doudou lui raconte des histoires et lui parle de sa « vraie maman ». Il confie au psychologue scolaire qui le suit de nombreux détails sur cette « vie d’avant ». Toujours les mêmes. Évidemment, le psy commence à se poser des questions car le récit de Malone ne varie jamais d’un iota, si étrange semble-t-il. Il n’invente pas de péripéties au gré de son imagination.

Pourtant, tout semble si normal. Malone est attachant, vif, intelligent. Ses parents ont, comme tous les parents, de nombreuses photos de lui depuis sa tendre enfance. Le père est un peu bourru et distant, certes, mais la mère aime son fils, c’est évident. Alors pourquoi Malone s’obstine-t-il à répéter que sa vraie famille est ailleurs ? Le psy, Vasile Dragonman, espère d’autant plus percer le mystère qu’à cet âge, la mémoire d’un enfant s’efface vite. Le temps presse.

Mais la police se moque bien de ce signalement… car rien ne laisse penser qu’il s’agit d’autre chose que de l’imagination débordante d’un petit garçon. Et puis, l’équipe est surchargée. La commandante Marianne Augresse est autant obsédée par la traque des braqueurs que par celle du père de ses futurs enfants. A 39 ans, le tic-tac de son horloge biologique la rend folle.

Deux intrigues qui s’entrecroisent, des rebondissements, une bonne dose de psychologie de l’enfant et pourtant, je n’ai pas accroché. Déjà, il m’a fallu une bonne centaine de pages pour commencer à entrer dans l’histoire dont j’ai trouvé le début brouillon. Ensuite – et c’est là la principale faiblesse que j’ai trouvée à l’intrigue, la résolution progressive de l’affaire repose sur une multitude de détails si alambiqués que l’on se demande comment il est possible qu’aucun grain de sable ne vienne enrayer le mécanisme.

Tout se passe exactement comme les choses sont censées se passer. On ouvre un tiroir et ô miracle, on y découvre exactement ce qu’on cherchait. Ça n’arrive que dans les livres, ça ;) Autrement dit, Michel Bussi me donne l’impression d’écrire une intrigue qui se veut compliquée en surface, avec une multitude de péripéties, de complications sur le point d’arriver, de détails qui se croisent et s’entrecroisent… mais au final, tout s’emboîte si parfaitement que ça en devient peu crédible. Tordu, non ?

On se dit que tout est trop facile, trop parfait. Le personnage de Malone reste intéressant en tant que pièce centrale du puzzle. Je salue également le fait que l’histoire se passe autour du Havre. Certains trouveront peut-être que ça manque de piquant mais j’avoue en avoir assez des auteurs qui situent tous leur action aux « States », avec le F.B.I. et des logiciels ultra-puissants qui pensent à la place des enquêteurs. Alors le Havre, ça change. Et c’est bien.

Michel Bussi nous décrit de petits villages, des lieux que les industries ont déserté, laissant derrière elle des victimes de l’amiante, du chômage et des habitants sans espoir d’avenir. C’est moche, pas aussi sexy que New York et ses gratte-ciel… mais ça donne un soupçon d’authenticité appréciable.

Ça n’a pas suffi à me faire apprécier ce livre, dont les personnages sont souvent trop caricaturaux (la commandante « Augresse » – au nom prédestiné ? – et son obsession pour la maternité m’a vite agacée, idem pour le flic en proie à des problèmes conjugaux – un classique du genre).


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6 commentaires sur “Maman a tort, Michel Bussi

  • AnneG

    Moi c’est l’absence de recharge du mp3 pendant 10 mois qui m’a gênée. Oui je sais c’est un détail. Mais pour que je marche à fond il ne me faut que du plausible, meme tordu :-)

    Répondre à AnneG
    • Serial Lectrice

      Je ne me souviens pas de ce détail, comme ça fait un moment que je l’ai lu, mais je partage tout à fait ton point de vue sur le fond !

      Répondre à Serial
    • So

      Idem… je me suis demandée comment le MP3 a pu resté charger pendant 10 mois, ça n’est pas plausible du tout :-) !
      J’ai trouvé l’intrigue bonne, mais quand même un peu parfois tirée par les cheveux.

      Répondre à So
    • margaux

      Genial d’écrire ce genre de commentaire! comme ça, avant même d’avoir lu 50 pages du livre on se fait spoiler par une « serial lectrice » qui n’en a rien a faire que les autres lecteurs aient envie de garder tous les details de l’intrigue. Pour les séries tu vas sur les sites de résumé et de critique et tu balances la fin de la saison aussi ?

      Répondre à margaux
  • Dorothy73

    Je suis assez d’accord avec vous concernant les profils caricaturaux de certains personnages notamment la flic effectivement, qui moi m’a plus agacée par son côté « répliques de flic à 2 balles » dignent de Julie lescot, je suis aussi rentrée dans l’histoire assez tardivement mais hormis ces petits détails je me suis laissé retourné par l’intrigue finale, j’ai même pensé que ce bouquin mériterait une bonne adaptation télévisée en plusieurs épisodes. L’intrigue se déroulant au havre cela m’a fait pensé à cette fiction anglaise qui se déroule dans une ville du même genre et qui à fait un carton sur France 2 : « broadchurch ».. Je vois bien une adaptation du même genre,avec des personnages plus proches de » Mr tous le monde » , ça ferait un carton… ????

    Répondre à Dorothy73
    • Serial Lectrice

      Peut-être qu’une chaîne vous entendra, qui sait ? Michel Bussi a un côté populaire indéniable, je croise très souvent dans les transports des gens plongés dans l’un de ses romans.

      Répondre à Serial
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