Oscar et Lucinda, Gillian Armstrong


Oscar et Lucinda – Résumé

“Afin que j’existe, deux parieurs, l’un obsessionnel, l’autre compulsif, doivent se déclarer”.

C’est par ces mots que le narrateur du film nous plonge dans l’histoire de ses arrière-grands-parents, dans l’Australie du 19ème siècle. Oscar Hopkins (Ralph Fiennes) est un jeune homme aux cheveux d’un roux flamboyant, chétif, timide et rongé par son manque de confiance en lui. Il a reçu une éducation religieuse rigide et a lui-même fini par se lancer dans des études de théologie pour devenir pasteur. Lucinda Leplastrier (Cate Blanchett) est une jeune femme de caractère, active et décomplexée, qui décide d’investir son héritage dans l’achat d’une manufacture de verrerie…

Tous deux se rencontrent sur un bateau qui fait route vers l’Australie. Lucinda revient d’un voyage, Oscar s’expatrie. Les deux héros nourrissent la même passion (ou obsession) : celle du jeu. Lucinda aime les cartes, Oscar les courses de chevaux. Le jeune pasteur est rongé par la culpabilité autant que par sa soif incontrôlable de parier. Non par désir de s’enrichir mais par plaisir, ce qui est jugé tout aussi condamnable dans la société de l’époque.

Unis par leur goût pour les paris, ils vont peu à peu se lancer un défi fou : aller construire une église de verre dans un endroit reculé d’Australie.


RéalisateurGillian Armstrong.
Durée du film minutes.
Note – ★★★★★
Oscar et Lucinda, Gillian Armstrong

Oscar et Lucinda – Critique

Je ne pensais pas me prendre une claque pareille en regardant le film Oscar and Lucinda. J’en ai aimé chaque minute, chaque intention, chaque réplique. C’est un film loin d’être consensuel, que certains détesteront sûrement autant que je l’ai adoré. Ni son thème, ni ses héros ne sont traditionnels.

Oscar est l’antithèse des héros hollywoodiens masculins que l’on voit à la pelle dans les films. Il est maigre, pâle, roux, angoissé, plus attaché à sa Bible qu’aux femmes et à l’épicurisme. J’ai trouvé sa naïveté et son innocence terriblement touchantes. Il se laisse entraîner par un camarade durant ses études, qui le pousse à parier sur une course de chevaux.

Une petite incartade en apparence anodine mais qui éveille chez le jeune homme introverti une véritable obsession pour le jeu. Lucinda, quant à elle, est une “femme moderne” mais vivant au 19ème siècle, ce qui la rend profondément anticonformiste pour son époque (elle travaille, elle dirige une entreprise).

Oscar et Lucinda, Gillian Armstrong

Leur rencontre se révèle à la fois tendre et dérangeante tant elle joue avec des thèmes complexes : le rapport entre religion et transgression ; le frisson de la transgression elle-même ; la double nature du pari qui est à la fois une compulsion malsaine et un plaisir désintéressé pour Oscar, qui ne garde pas l’argent gagné pour s’enrichir ; le puritanisme ambiant ; l’amour, entre sincérité et défi…

Ralph Fiennes dans Oscar & Lucinda  Cate Blanchett dans Oscar & Lucinda

Oscar and Lucinda est tiré d’un roman du même nom écrit par Peter Carey, qui a reçu le Booker Prize en Angleterre, le prix littéraire le plus prestigieux du pays. Ce n’est pas toujours le gage d’un scénario de qualité mais ici, l’histoire est palpitante et originale.

Les deux héros sont à la fois exclus de la société dans laquelle ils vivent car trop différents des autres (Oscar répète ainsi à plusieurs reprises qu’il ne s’intègre nulle part) et parfaitement en accord l’un avec l’autre. Oscar dégage une joie de vivre si profonde et si pure que l’on ne peut s’empêcher de craindre la chute… et il y a dans ce film autant de romantisme que de tragédie.

La musique mêle quant à elle de grands airs classiques (du Bach, du Beethoven) et des chœurs magnifiques (dont les chœurs de King’s College à Cambridge qui interprètent une œuvre du compositeur anglais John Sheppard). Gros coup de cœur pour le thème du film, Prince Rupert’s Drop, composé par Thomas Newman :

Le travail sur les costumes est exceptionnel… tout comme les décors : le film a été tourné entre l’Australie et les Cornouailles, une région d’Angleterre que je trouve magnifique et majestueuse. Trebarwith Strand, Port Isaac, Bossiney, Crackington Haven, quelques-uns des lieux qui apparaissent dans le film et que je trouve sublimes, pour preuve la photo ci-dessous :

Bossiney, Cornouailles
Bossiney, Cornouailles | Photo © Andrew

J’arrête là la longue litanie de compliments. Oscar et Lucinda ne mérite peut-être pas les 5 étoiles que je lui donne d’un point de vue strictement cinématographique, “technique”… mais le coup de cœur que j’ai eu pour le film les vaut sans aucun doute. La fin du livre est différente de celle du film… donc si vous voulez découvrir une autre version de l’histoire, n’hésitez pas à lire ma critique du livre Oscar et Lucinda de Peter Carey.


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