Petite histoire de l’embaumement en Europe au 19ème siècle, Nicolas Delestre


Petite histoire de l’embaumement en Europe au 19ème siècle – Résumé

Lorsque l’on prononce le terme “d’embaumement”, resurgit souvent l’image des momies égyptiennes savamment recouvertes de bandelettes. En réalité, cet art millénaire répond à un besoin qui anime chaque génération : comment lutter contre les dégâts infligés par la mort ?

Comment donner ou redonner aux défunts une apparence plus fidèle à ce qu’ils étaient de leur vivant, pour apaiser ceux qui restent ? Nombreux ont été les médecins à se pencher sur cette question au cours de leur carrière.

Dans ce livre, Nicolas Delestre explore un tournant décisif de l’histoire de l’embaumement en Europe : le 19ème siècle, riche en découvertes et en expériences visant à faire progresser cette science dont on parle peu.


Auteur.
Taille du livre88 pages.
Note – ★★★★☆
Petite histoire de l'embaumement en Europe au 19ème siècle, Nicolas Delestre

Petite histoire de l’embaumement au 19ème siècle – Critique

Quand on tient un blog littéraire, on reçoit au quotidien des dizaines de propositions de livres à découvrir, au point qu’il est souvent impossible d’apporter une réponse à chacun. Mais lorsque le message de Nicolas Delestre est arrivé dans ma boîte mail, il a aiguisé ma curiosité. Un livre sur l’histoire de l’embaumement !

Ce que l’auteur ignorait, c’est que je voulais initialement me destiner à la médecine légale… Mes aventures professionnelles m’ont finalement conduite ailleurs mais je reste profondément intéressée par le sujet et ses thématiques connexes, dont la thanatopraxie fait partie.

Quand les gens l’apprennent, ça provoque souvent des rires gênés et un certain malaise car rares sont ceux qui ont apprivoisé le thème de la mort. Il est infiniment complexe car il touche au corps dans ses aspects anatomiques, médicaux, scientifiques… tout en étant imbibé de préoccupations psychologiques, culturelles, sociétales, religieuses et parfois historiques.

La question de la dégradation du corps, en particulier, est souvent dure à vivre pour les survivants… et depuis très longtemps, on cherche à freiner la marche du temps. Donner aux défunts une apparence apaisée permet souvent d’accompagner les vivants dans l’acceptation de ce chapitre si douloureux qu’est le deuil dans une vie. Le livre en parle d’ailleurs en ces termes :

“Un soin tout particulier a toujours été apporté au traitement du cadavre humain. En fonction des croyances, des cultures et des époques, ou par besoins techniques, l’homme a toujours perfectionné des pratiques et méthodes de conservation des corps pour atteindre un idéal répondant à ses exigences.

Le degré de complexité dans la réalisation des rites funéraires reste un des grands marqueurs de l’évolution de l’homme”.

Nicolas Delestre est spécialiste de l’histoire de la préservation des corps (et tient, avec d’autres, le site Embaumements.com). Dans son livre, il s’intéresse à la période charnière du XIXe siècle en Europe : c’est un moment où l’embaumement chimique a connu un développement considérable, permettant de délaisser des pratiques trop invasives et construisant les fondements de la thanatopraxie moderne.

Comme l’écrit le docteur Philippe Charlier (médecin légiste français et auteur de nombreux livres) dans sa préface, “l’histoire de l’embaumement se confond avec celle de la lutte contre le flétrissement de l’image. Image corporelle et, au-delà, image complète du défunt. Dernière image du disparu qui, elle, persistera dans la mémoire des survivants”.

J’ai trouvé le livre captivant car il explore à la fois l’histoire des médecins qui ont travaillé sur le sujet en essayant de faire progresser les techniques employées… et des aspects plus étonnants de l’histoire de l’embaumement, comme la “guerre” qui existait entre praticiens pour créer la méthode de référence qui entrerait dans l’histoire. Évoquant par exemple Jean-Nicolas Gannal, Nicolas Delestre écrit :

“Gannal est très en avance sur son temps dans le développement de ses activités. Il emploie la publicité de façon systématique, envoie chaque année des milliers de cartes aux personnalités pour vanter les mérites de ses soins et pratique une politique commerciale très agressive au niveau tarifaire”.

Au-delà des enjeux scientifiques et humains du sujet, l’embaumement était aussi un marché répondant à un engouement de la population pour une vision plus “romantique” de la mort. La réputation des praticiens était donc un enjeu clé, garant de la rentabilité de leur affaire.

Cette Petite histoire de l’embaumement en Europe au XIXe siècle montre aussi à quel point c’est loin d’être une discipline de “bouchers” ou de médecins dissidents. Bien des professionnels de la médecine ont mené des recherches sur le sujet au cours de leur carrière, à l’instar du Docteur Variot (pédiatre souvent considéré comme un précurseur de la puériculture).

Si le sujet vous intrigue ou vous passionne, vous apprécierez sûrement ce livre en regrettant qu’il soit si court !


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