Plonger, Christophe Ono-dit-Biot : apprivoiser l’histoire de sa femme disparue…


Plonger – Résumé

“Ils l’ont retrouvée comme ça. Nue et morte. Sur la plage d’un pays arabe. Avec le sel qui faisait des cristaux sur sa peau”.

Un homme enquête sur la femme qu’il a passionnément aimée. Elle est partie il y a plusieurs mois, pour une destination inconnue, le laissant seul avec leur petit garçon. Elle était artiste, elle s’appelait Paz. Elle était solaire, inquiète, incroyablement douée. Elle étouffait en Europe.

Pour son fils, à qui il doit la vérité sur sa mère, il remonte le fil de leur amour – leur rencontre, les débuts puis l’ascension de Paz dans le monde de l’art, la naissance de l’enfant – et essaie d’élucider les raisons qui ont précipité sa fin.

Des trésors de la vieille Europe aux mégapoles du Nouveau Monde, du marbre des musées au sable des rivages où l’on se lave de tout, Plonger est l’histoire d’un couple de notre temps.

En proie à tous les vertiges d’une époque où il devient de plus en plus difficile d’aimer.


Auteur.
Taille du livre448 pages.
Note – ★★☆☆☆
Plonger, Christophe Ono-dit-Biot

Plonger – Critique

Je dois ici juger un livre que l’on qualifie tour à tour de chef d’oeuvre ou de “nullité”… et qui ne m’a pas vraiment convaincue. Plonger est un roman qui se lit sans difficulté. Le triste dénouement est annoncé en quatrième de couverture : Paz, la belle Asturienne indomptable et sauvage, est morte. Son compagnon César reste seul avec son fils Hector et avec ses questions. Il décide de coucher sur le papier l’histoire de son couple pour qu’un jour, Hector comprenne qui était sa mère. Ce faisant, il tente lui-même de comprendre pourquoi sa compagne est morte.

La romance elle-même serait plate si ce n’était quelques particularités :

  • Il existe au sein du couple un fort déséquilibre relationnel : Paz a un caractère bien trempé. Elle se moque des conventions, de la gloire, de tous les gens qui l’encensent alors même qu’ils n’ont pas, à ses yeux, saisi le sens de son travail. Elle est indépendante, incontrôlable, impitoyable. Elle semble se soucier assez peu de son fils, aimer lui est difficile sans qu’on ne sache vraiment pourquoi. César n’a de cesse de lui courir après, de la supplier, s’oubliant lui-même dans la bataille.
  • Les deux adultes exercent des professions peu ordinaires : Paz est photographe et connaît un succès fulgurant qui l’entraîne de dîners mondains en expositions d’art et voyages dans des pays jamais assez lointains à son goût ; César est un ancien journaliste de guerre qui a vécu des épisodes mouvementés et aspire à une vie plus calme.
  • Paz nourrit une fascination intense pour les requins, au point d’en adopter un qu’elle considère comme son propre enfant.

L’histoire de cette passion reste belle et triste. Paz et César s’aiment mais la plupart du temps, évoluent dans deux directions diamétralement opposées : là où Paz nourrit une soif immodérée de conquête et de voyages, César a développé un besoin de sécurité et une crainte des pays lointains née de ses mauvaises expériences en tant que reporter de guerre. César semble déployer beaucoup d’énergie à comprendre sa compagne là où Paz fait ce qu’elle veut, comme elle veut. Ils souffrent tous les deux, chacun à sa façon. Les sentiments sont forts, agités, prenants.

Malgré tout, il subsiste dans le livre une certaine lourdeur du trait (“l’Espagnole fougueuse versus l’intellectuel rangé”) qui m’a empêchée d’apprécier pleinement l’histoire.

Le milieu de l’art, avec ses polémistes, ses experts, se révèle étouffant pour qui n’est pas passionné par le sujet. L’amour de Paz pour les requins est si extrême qu’il est un peu dérangeant (on peine à se projeter dans le discours presque mystique qui entoure les squales).

La complaisance de César à son propre égard m’a déplu : baroudeur autrefois, qui semble avoir tout vu et tout fait, ne subsiste de lui qu’un être qui se laisse mener par le bout du nez et semble haïr ce qui fait des vagues, ayant satisfait dans sa jeunesse sa quête de grands frissons… Comme s’il fallait gommer tous ses angles aigus pour mieux faire ressortir la fougue de Paz.

J’ai aimé parfois, me suis ennuyée aussi.


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