Serre-moi fort, Claire Favan


Serre-moi fort – Résumé

La soeur de Nick, Lana, une jeune fille sans histoires, devait retrouver sa mère dans un centre commercial mais ne s’est jamais rendue au rendez-vous. Lana a disparu et ses parents plongent dans une détresse extrême, délaissant totalement son frère Nick. La police craint que la jeune femme n’ait été victime d’un tueur en série qui sévit dans la région, surnommé “L’Origamiste” en raison de sa tendance à offrir des pliages de papier à ses futures victimes. Mais l’enquête se corse rapidement lorsque la police découvre que l’homme ne laisse aucun indice…

De son côté, le policier Adam Gibson vient d’être appelé pour faire toute la lumière sur la découverte d’un charnier dans l’Alabama. Mais sans le vouloir, il va attirer l’attention du tueur sur lui… un imprévu dont il se serait bien passé !


Auteur.
Taille du livre371 pages.
Note – ★★★☆☆
Serre-moi fort, Claire Favan

Serre-moi fort – Critique

J’ai découvert Claire Favan dès son premier roman et je suis de près son parcours car elle a dans sa plume beaucoup de qualités que j’apprécie chez un auteur, en particulier son talent pour l’analyse psychologique des personnages – que j’ai déjà souligné en évoquant ses autres livres. Alors forcément, je deviens exigeante… et Serre-moi fort m’a quelque peu déçue.

On retrouve cette plume directe, crue parfois, ce don pour capturer des caractères en quelques traits et laisser l’imagination du lecteur dessiner le reste, comme un peintre qui s’essaierait à un croquis en quelques coups de crayon habiles.

L’histoire s’article en trois parties et l’on se surprend souvent à ressentir les mêmes émotions que les personnages, comme si l’on entrait dans leur tête l’espace d’un instant.

Dans la première partie, Claire Favan nous plonge dans un drame familial, celui de la disparition d’une jeune femme… mais surtout, elle nous emmène au cœur d’un vrai drame psychologique. Lana s’est volatilisée sans laisser de trace et son frère Nick se trouve plongé dans une solitude immense, nourrie par un profond sentiment d’injustice. Ses parents ont toujours préféré sa soeur. Lana était la bonne élève de la famille, la “petite fille sage” dans le regard de ses parents. Nick, qui doit travailler dur pour obtenir des notes correctes, fait pâle figure à côté de sa sœur dont il sait pourtant très bien qu’elle n’est pas l’ange que tout le monde imagine.

Beaucoup d’enfants ont le sentiment que leurs parents ont “un préféré”. Parfois, c’est un sentiment subtil et presque imperceptible… mais dans le cas de Nick, la tragédie le met au premier plan, ne faisant qu’accentuer l’écart entre lui et sa sœur. Notre compassion de lecteur s’éveille…

Dans la seconde partie, la police découvre un charnier dans l’Alabama et émet l’hypothèse d’un lien entre cette découverte et plusieurs disparitions de jeunes filles dans la région. Adam Gibson, chargé d’enquêter sur l’affaire, se jette dans le travail comme pour s’éviter de sombrer : il vient de perdre sa femme après plusieurs récidives d’un cancer tenace et doit accompagner ses deux enfants dans leur deuil.

La troisième partie, vous vous en doutez, apporte des réponses…

Je l’avoue, j’ai trouvé les ficelles trop grosses. J’ai deviné, plusieurs fois, ce qui allait se passer (quand on a lu Le Trône de Fer, on s’attend à absolument TOUT, croyez-moi !). J’ai, comme dans le livre Le tueur intime de Claire Favan, eu le sentiment que la violence de certaines scènes était superflue. C’est presque trop facile de dégainer la séquence “violence ultime” et en tant que lectrice coutumière du genre, j’attends de mes auteurs favoris plus de créativité. Envie d’être surprise autrement que par un retournement de situation qui n’est qu’agression, perversion et atrocité.

Malgré tout, il y a plein de choses que j’aime chez Claire Favan et que j’ai retrouvées dans ce livre : une plume qui sait doser le suspense avec brio, un talent pour la psychologie (oui, je le redis… Si seulement elle pouvait l’exploiter davantage !). Mais j’ai aussi retrouvé dans Serre-moi fort les travers qui m’avaient dérangée dans les romans précédents du même auteur : le recours à la perversion d’une manière qui instaure un malaise souvent inutile, un univers “américano-américain” parfois un peu trop cliché même si ça va mieux que dans les premiers livres…

Je lirai le prochain avec plaisir et curiosité mais celui-ci me laisse une impression mitigée.


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