Slumdog Millionaire, Danny Boyle : l’histoire d’une incroyable victoire à un jeu télévisé


Slumdog Millionaire – Résumé

Depuis son enfance dans les bidonvilles de Mumbai, Jamal Malik poursuit son rêve : retrouver Latika, une jeune orpheline dont il est amoureux.

Alors qu’il commence à perdre espoir, il imagine une solution surprenante pour retrouver son amour : participer au plus grand show télévisé du pays, “Qui veut gagner des millions ?”.

Mais alors qu’il atteint la question finale à 20 millions de roupies, il est arrêté par la police qui le soupçonne de tricherie…


RéalisateurDanny Boyle.
Durée du film minutes.
Note – ★★★☆☆
Slumdog Millionaire, Danny Boyle

Slumdog Millionaire – Critique

Dans la vie, il y a ceux pour qui les bonnes fées se sont penchées sur le berceau… et ceux pour qui elles devaient avoir pris quelques jours de congés. Jamal Malik, le héros de Slumdog Millionaire, est de ceux là. Né dans un bidonville, il se retrouve rapidement orphelin et livré à lui-même avec son frère aîné Salim et une petite fille rencontrée au gré de leurs errances, Latika.

Sa vie mouvementée, entre les tas d’ordures de Bombay et la violence d’un quartier pauvre, nous la découvrons lorsque Jamal décide de participer à la célèbre émission télévisée “Qui veut gagner des millions ?” Il réussit l’exploit, jamais vu jusqu’alors, d’atteindre l’avant-dernier palier à 10 millions de roupies… et ce succès que l’on n’attendait pas de la part d’un gosse sans éducation suscite la méfiance. Jamal est arrêté par la police et subit un interrogatoire musclé au cours duquel il doit expliquer, question après question, pourquoi il connaissait chaque réponse.

Le film s’ouvre sur la torture du jeune homme… et a installé en moi un sentiment immédiat d’incrédulité dont j’ai eu du mal à me défaire par la suite. On nous présente une Inde qui s’est modernisée, où Bombay est devenue Mumbai, une ville en pleine expansion où l’on construit des hôtels de luxe et de grands complexes résidentiels.

Et on torture un garçon à grand renfort de ligotage et d’électrocution, juste parce qu’il a bien répondu aux questions d’une émission de télé ? J’aurais pu comprendre si une explication crédible avait été donnée dans le scénario mais ce n’est pas le cas.

Slumdog Millionaire, Danny Boyle

L’enchaînement des questions dans l’émission permet – comme c’est pratique ! – de raconter chronologiquement l’histoire de Jamal. Et – comme c’est pratique (bis) – chaque question posée correspond à un épisode de sa vie. Au fil des paliers franchis, on le voit grandir et évoluer, conservant toujours le même intérêt pour la petite orpheline, Latika. Si le petit acteur jouant Jamal enfant (Ayush Mahesh Khedekar) est pétillant, comme les autres enfants du film, d’ailleurs, j’ai eu plus de mal avec l’interprétation livrée par Dev Patel dans le rôle de Jamal adulte. Son visage ne laisse transparaître aucune émotion. C’est un parti pris d’interprétation que je peux comprendre : on imagine aisément qu’un gosse de rue ayant assisté à des meurtres, à des émeutes, à des trafics, soit “anesthésié” et sonné par ces traumatismes. Mais l’intériorité que l’on voit à l’écran n’est pas riche de ce type d’émotion, elle reste assez dénuée d’affects. Un peu trop pour rendre le personnage attachant.

Ce qui motive Jamal à participer à cette émission, c’est l’espoir de retrouver Latika dont il a été séparé après moult péripéties. Il sait qu’elle regarde le programme et espère ainsi renouer le contact. Là encore, on se demande pourquoi, 15 ans après, il est encore si attaché à la jeune femme. L’intérêt enfantin qu’il lui portait était touchant mais au fil des années, beaucoup de ses comportements semblent dictés par cette obsession au point qu’elle m’a paru un peu malsaine. D’autant plus que Latika (interprétée à l’âge adulte par Freida Pinto – ci-dessous, que j’ai trouvée assez juste) lui répète à plusieurs reprises qu’il devrait passer à autre chose.

Slumdog Millionaire, Danny Boyle

De Slumdog Millionaire, j’ai tout de même aimé certaines choses : le jeu des enfants, en particulier, plein d’espièglerie et de complexité, qui révèle à la fois la solidarité existant entre les gosses défavorisés et la dureté du bidonville qui les pousse parfois au crime. Sans eux, le film n’aurait tout simplement pas été le même.

Les couleurs, les contrastes, les ambiances sont intéressantes, même si elles ne livrent qu’une vision très tronquée et très négative de l’Inde. Il revient au spectateur de se dire que c’est un simple choix scénaristique et non le reflet d’une Inde en mouvement et d’une Inde créative. A un niveau plus philosophique, j’ai aimé l’approche selon laquelle toute expérience, bonne ou mauvaise, peut servir un jour.


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