Stand By Me, Rob Reiner : le souffle de Stephen King


Stand By Me – Résumé

Eté 1959 – Dans une petite ville rurale des Etats-Unis, un adolescent, Ray Brower, reste introuvable. Il a été vu pour la dernière fois en train de cueillir des myrtilles dans des bois un peu excentrés mais nul ne sait ce qu’il est devenu. Cette disparition a beaucoup secoué la communauté et en particulier les jeunes, qui se projettent tous dans le drame.

Parmi eux figure Vern Tessio (Jerry O’Connell), un sympathique garçon rondouillard de douze ans. Lorsque Vern entend son grand frère Billy prononcer le nom de Ray Brower, il tend aussitôt l’oreille et découvre que Billy sait ce qui est arrivé au garçon mais refuse d’avertir la police car il se trouvait sur les lieux dans une voiture volée et craint d’être poursuivi. Ray Brower aurait été heurté par un train.

Vern s’empresse d’aller raconter ce qu’il sait à sa bande d’amis : Gordie Lachance (Wil Wheaton), qui rêve d’être écrivain et a perdu son frère aîné ; Chris Chambers (River Phoenix), qui traîne avec lui la mauvaise réputation de sa famille ; et Teddy Duchamp (Corey Feldman), un garçon attachant mais perturbé et excentrique, dont le propre père lui a brûlé l’oreille.

Excités par la perspective de voir un mort “en vrai”, les quatre garçons décident de partir à la recherche du corps de Ray Brower…


RéalisateurRob Reiner.
Durée du film minutes.
Note – ★★★★☆
Stand By Me, Rob Reiner

Stand By Me – Critique

Ce film est l’adaptation d’une histoire de Stephen King parue en 1982 dans le recueil Différentes saisons. Plus qu’une nouvelle, “Le Corps” est presque un roman à part entière.

Le nom de Stephen King a très peu été mis en avant lors de la promotion du film, si bien que la plupart des spectateurs ignoraient qu’il se cachait derrière cette intrigue. Si vous connaissez un peu les romans du maître du suspense, vous ne manquerez pas de repérer certaines similitudes avec des personnages et des thèmes qui traversent toute son œuvre.

L’histoire est racontée par Gordon LaChance lui-même, une sorte d’alter ego de Stephen King. Alors qu’il consulte un journal à l’âge adulte, il apprend le décès d’un homme qui le ramène de nombreuses années en arrière, alors qu’il n’était qu’un pré-ado aspirant à devenir écrivain. Gordon fait partie d’une bande de gamins attachants mais ayant chacun connu leur lot de drames familiaux : violence, deuil, etc.

On retrouve une dynamique de groupe très similaire à celle du roman Ça et de son “Club des Ratés” : Bill, l’intello de la bande, ressemble à Gordon, à plus forte raison parce qu’il a lui aussi perdu son frère. On peut aussi faire des parallèles entre Ben et Vern, deux enfants obèses et joviaux ou encore entre Richie Tozier et Teddy, qui sont tous deux myopes et ont la langue bien pendue…

Stand by me n’est pas une histoire d’horreur comme l’est Ca mais l’on y retrouve la même atmosphère de vie rurale au tournant des années 60, dans une ville un peu isolée. On plonge dans un univers où les enfants poussent comme des herbes folles, sans réelle supervision parentale, jouant dans la nature et tentant d’échapper un peu à des vies de famille pas toujours très roses. C’est un portrait social absolument passionnant.

Stephen King lui-même ne vient pas d’un milieu favorisé et sa propre expérience nourrit sans doute largement ce type de récit, apportant un réalisme crédible à l’ensemble : son père est parti un beau jour en disant qu’il allait acheter des cigarettes et n’est jamais revenu ; Stephen King aurait assisté dans son enfance à la mort d’un camarade, heurté par un train.

Les 4 ados de l’histoire ont tous des personnalités si contrastées que chaque spectateur pourra facilement se reconnaître dans l’un d’entre eux. Corey Feldman, véritable enfant star à l’époque où le film est sorti, y est très touchant dans un rôle qui dégage beaucoup de sensibilité. River Phoenix vous happe aussi par sa maturité à l’écran.

Wil Wheaton, River Phoenix, Jerry O'Connell et Corey Feldman
Wil Wheaton, River Phoenix, Jerry O’Connell et Corey Feldman

La perspective d’une confrontation avec la mort exerce sur les adolescents une sorte de fascination : un mélange d’excitation à l’idée de passer à la télévision s’ils trouvent le corps du disparu, de crainte face à l’inconnu et d’une naïveté toute enfantine où ils ne semblent pas reconnaître à la mort sa gravité. A l’exception de Gordon qui, ayant perdu son frère aîné, craint plus que les autres la découverte du cadavre.

Tout le scénario se construit progressivement autour de cette quête mais la richesse du film réside dans l’observation de ces jeunes héros qui, au fil de leur expédition, dévoilent leurs faiblesses et leurs rêves avec une fraîcheur très appréciable.


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2 commentaires sur “Stand By Me, Rob Reiner : le souffle de Stephen King

  • Aurélien

    Bonjour. Belle chronique (tout comme l’ensemble de tes blogs). Un de mes films préférés. Et puisque tu le cites dans ton article, le film “Ca” revient au cinéma d’ici peu. Et vu que tu aimes aussi la littérature, je te conseille le livre “Colorado Train” de Thibault Vermot et également “Bénis soient les enfants et les bêtes” de Glendon Swarthout :-)

    Répondre à Aurélien
    • Serial Lectrice

      Hello Aurélien, merci pour les suggestions ! J’avoue être assez curieuse de voir cette version de “Ça”. Je viens d’aller lire le résumé de Colorado Train, qui m’a justement fait penser à “Ça” :) Quelques ados, un obèse, un intello, un monstre qui rôde dans une ville dont les parents ont l’air cruellement absents…

      Répondre à Serial
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