Superstar, Xavier Giannoli : une bonne idée mal exploitée


Superstar – Résumé

Comme tous les matins, Martin Kazinski se lève pour aller travailler.

Mais ce jour là est différent de tous les autres, des centaines de personnes le reconnaissent dans la rue et rapidement la foule se presse autour de lui.

Pourquoi ?

Qu’a-t-il fait pour devenir célèbre ?

Et surtout, comment redevenir la personne “banale” qu’il a toujours été ?


RéalisateurXavier Giannoli.
Durée du film minutes.
Note – ★★☆☆☆
Superstar, Xavier Giannoli

Superstar – Critique

Un film sur la célébrité ? Le sujet a immédiatement suscité mon intérêt. Enfin une occasion de lancer un débat sur un thème qui semble prendre de plus en plus de place dans la société, notamment depuis l’explosion de la télé-réalité.

Charles Aznavour avait dit une fois lors d’une interview qu’avant, il fallait d’abord travailler très dur pour peut-être un jour être reconnu… alors qu’aujourd’hui, on cherche d’abord à être connu, puis à faire en sorte de le rester. Superstar est construit précisément dans cet esprit. Le film ne nous montre pas l’ascension progressive d’un anonyme vers le succès. Il nous montre un homme qui, subitement, est connu. Une célébrité dont il va falloir comprendre l’origine.

Je trouve l’idée de départ du scénario assez fascinante. Malheureusement, l’intrigue ne tient pas ses promesses. Le spectateur, comme le héros du film, ne connaît absolument pas les raisons de la célébrité soudaine de Martin Kazinski (Kad Merad). De ce fait, toute notre attention se dirige vers une seule question : “Pourquoi ?” Pourquoi cet homme est-il connu du jour au lendemain ? Or, au bout d’une heure de film, on n’en sait guère plus qu’au départ. Là où l’on s’attend à une enquête passionnante sur l’origine d’un buzz extraordinaire, le scénario piétine.

Kazinski est le modèle même de la banalité. Il mène une existence tranquille et solitaire, célibataire entraîné dans son train-train métro-boulot-dodo. Aucun charisme, aucun intérêt pour la gloire, aucun ennemi, aucun compte sur les réseaux sociaux. En voyant le personnage, on peine à trouver l’intrigue crédible. Certes, il arrive que des anonymes deviennent connus “à l’insu de leur plein gré” mais il y a généralement une bonne raison : ils ont commis un acte choquant ou au contraire héroïque, ils ont été victimes d’un concurrent ou d’un ennemi… Là, Kazinski n’a absolument aucune aspérité.

Kad Merad, dans Superstar

Certes, ce pauvre bougre qui n’a rien demandé nous révèle le cirque médiatique dans toute sa splendeur. Le public qui tour à tour encense et détruit ses idoles, la quête de vérité de Kazinski qui s’oppose à la quête d’audience de la télévision, les profiteurs et les manipulateurs, sans oublier les journalistes qui semblent parfois eux-mêmes prisonniers du système, à l’instar de Fleur, celle qui a tendu la main à Kazinski pour l’aider à découvrir l’origine de sa célébrité. Dans ce rôle, Cécile de France livre une interprétation pleine de sensibilité.

Le problème, c’est que Kazinski affiche non seulement un charisme d’huître mais aussi un manque de jugeote notoire. Oui, il est naïf… mais à aucun moment, il ne cherche méthodiquement à mener sa propre enquête (notamment via Internet), à questionner réellement son entourage, à réfléchir posément à la situation. Oui, la moindre sortie qu’il effectue se transforme en cauchemar, paparazzis et fans hurlants à la clé. Mais on imagine bien que les journées sont longues et qu’enfermé chez lui (ou à l’hôtel), il doit trouver un moyen d’occuper son temps.

Le résultat : on s’ennuie. Dommage !


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