Survivant d’Auschwitz, Thomas Geve


Survivant d’Auschwitz – Résumé

Lorsqu’Hitler accède au pouvoir en 1933, Thomas Geve a trois ans. Retenus en Allemagne avec sa mère, alors que son père échoue à les faire émigrer, ils sont envoyés à Auschwitz au cours des dernières rafles en juin 1943.

Grand pour son âge, Thomas échappe à la fatalité qui attend les enfants à leur arrivée au camp et est envoyé dans les terribles commandos de travail d’Auschwitz I et III, avant d’être transféré pieds nus dans la neige, jusqu’au camp de Buchenwald. En avril 1945, à la libération du camp, Thomas est un rescapé miraculeux. Doué d’une exceptionnelle intelligence, il dispose d’un rare sens de l’observation, rien de ce qu’il a côtoyé ne lui a échappé.

Il nous livre ici le regard d’un enfant sur un monde caché : les gitans, les polonais, les anormaux et les expériences chirurgicales telles les castrations… et puis le quotidien et le travail pour échapper à la mort…


Auteur.
Taille du livre320 pages.
Note – ★★★★☆
Survivant d’Auschwitz, Thomas Geve

Survivant d’Auschwitz – Critique

Il y a 70 ans aujourd’hui, l’Armée rouge libérait le camp de concentration d’Auschwitz. Parmi les témoignages qui m’ont marquée sur ce camp, j’ai eu envie de vous parler de celui de Thomas Geve… Au milieu de la mort, il a su trouver un souffle de vie.

Ce qui frappe d’abord dans ce terrible témoignage, c’est le profond espoir qui s’en dégage en permanence, un refus de la fatalité ancré très profondément en cet adolescent, qui lui a sans doute été salutaire pour réchapper à Auschwitz. Il explique à plusieurs reprises que sa jeunesse a été un atout ; se comparant aux adultes, il déclare ainsi :

« Nous étions vierges de tous ces préjugés et illusions qui alimentent leurs haines. Nous n’avions pas eu le temps de nous habituer à un certain style de vie – la guerre nous en avait empêchés ». De même, il déclare : « Nous passions beaucoup moins de temps que les adultes à nous demander comment allaient nos familles, à désirer nos femmes, à nous remémorer le souvenir de bonnes ripailles. Nous pensions à peine aux choses du passé ; nous ne nous occupions que de l’instant présent ».

Thomas Geve nous rappelle une réalité que l’on peine souvent à se représenter à travers nos livres d’histoire : la montée du nazisme n’a pas subitement été ressentie lors de la déclaration de guerre en 1939.

L’idéologie hitlérienne s’est peu à peu insinuée dans le quotidien des Allemands dès la première moitié des années 30 et le jeune Thomas Geve n’a presque jamais connu de vie « normale ». Ce qui rend l’histoire d’autant plus effrayante. Thomas Geve cite ainsi une dame s’écriant : « Nous sommes une nation civilisée et n’accepterons pas de retomber au Moyen-Âge ! Les gens descendront protester dans les rues ». Qui l’a fait, in fine ? Et combien savaient ce qui se passait réellement dans les camps ?

Thomas Geve évoque un terrible épisode où, à son arrivée au camp, il regrette d’avoir été placé parmi les hommes et demande à être mis « avec d’autres jeunes ». Un officier refuse en lui disant « un jour, tu me remercieras de ne pas l’avoir fait ».

Et un jour, il apprend qu’il n’y a pas de camp pour les enfants… seulement les cheminées de Birkenau qui fument, au loin, une vision qui rend fou… Au bout d’un moment, plus personne ne prend la peine de cacher l’horreur, comme lorsque le doyen du bloc de prisonniers évoque avec une ironie glaçante la « montée au paradis par la cheminée de Birkenau ».

La force mentale de Geve est remarquable. Il raconte la faim, la débrouille, les maladies, le froid et le travail… mais toute cette misère apparaît derrière un voile bien plus optimiste : celui des amitiés, de l’entraide, d’un environnement multi-culturel riche d’enseignements. Cela donne au récit une pudeur et une humanité qui forcent l’admiration au lieu de provoquer la pitié.

Je pourrais parler de ce courage pendant des heures, de toutes les émotions qui m’ont traversée aussi… Deux ans dans un camp de concentration. Deux ans qui tiennent sur quelques centaines de pages. Combien de détails atroces laissés de côté au profit d’un message de vie très fort ? Survivant d’Auschwitz, un livre à ne pas manquer.


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4 commentaires sur “Survivant d’Auschwitz, Thomas Geve

  • Tietie007

    Superbe et tragique témoignage …à méditer …

    Répondre à Tietie007
    • Serial Lectrice

      Sans remettre en question toute notre vie, je trouve que ce genre de récit fait quand même réfléchir à toutes les fois où on se plaint pour pas grand-chose…

      Répondre à Serial
  • Bouquiner

    Merci pour cette découverte, je vais le lire !

    Répondre à Bouquiner
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