The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson


The Grand Budapest Hotel – Résumé

Dans la République de Zubrowska, le Grand Budapest Hotel a tout perdu de son aura du passé et n’y viennent plus que de rares clients. Ses plafonds hauts et ses salles gigantesques ne font que souligner à quel point l’hôtel est désormais vide.

Un soir, l’un des clients, écrivain, se voit offrir l’opportunité de dîner avec le propriétaire des lieux, M. Moustafa (F. Murray Abraham), qui lui raconte alors l’histoire du Grand Budapest Hotel du temps de sa splendeur.

Le lieu était alors placé sous l’égide d’un concierge aussi mythique que le palace lui-même : M. Gustave (Ralph Fiennes). Homme maniéré au regard affûté, il avait le sens du détail et aimait autant la poésie que le parfum… et les femmes d’un certain âge, qu’il n’hésitait pas à charmer.

Jusqu’au jour où l’une d’entre elles lui légua à sa mort un héritage fort convoité… M. Gustave se retrouva alors entraîné dans des aventures rocambolesques aux côtés d’un tout jeune lobby boy, Zero Moustafa (Tony Revolori).


RéalisateurWes Anderson.
Durée du film minutes.
Note – ★★★★★
The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson

The Grand Budapest Hotel – Critique

Wes Anderson possède un vrai style et il en est une preuve indéniable : il y a ceux qui aiment… et ceux qui détestent. J’ai rarement entendu autour de moi de réactions plus contrastées que lorsqu’il est question de ce réalisateur.

The Grand Budapest Hotel, à n’en pas douter, EST du Wes Anderson. Certes, le cinéaste y ajoute une pointe de nouveauté en teintant son histoire d’éléments historiques. Mais sur le fond, le style reste fidèle à son esthétique.

C’est un monde en apparence édulcoré, à la croisée des chemins entre dessin animé et réalité. Ici, des couleurs roses et un décor kitsch qui sonne faux et irréel. Le voici, le Grand Budapest Hotel. On croit à un cauchemar, à un hôtel en carton pâte tout droit sorti d’une adaptation de Barbie… et soudain, d’autres images.

Un spa défraîchi, un lieu qui a perdu sa splendeur passée. Un décor bien plus profond qu’il n’y paraît. Les personnages sont à cette image. En surface, des êtres aux manières singulières. Au fond, des cassures, des fragilités. Un peu comme si le cinéaste distinguait le masque parfait que l’on se crée… et la réalité de ce qui se cache dessous.

The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson

J’ai d’abord eu beaucoup de mal à entrer dans le film. Le monde de Wes Anderson contraste tant, en apparence, avec la réalité, qu’il faut un temps d’adaptation pour s’y immerger. Par ailleurs, The Grand Budapest Hotel commence par un flot d’informations qu’il est difficile d’absorber, sans savoir lesquelles se révéleront essentielles et lesquelles ne le seront pas.

On nous montre un cimetière où une femme vient se recueillir devant un monument dédié à l’auteur du livre The Grand Budapest Hotel. Voyage dans le temps. L’auteur du livre lui-même apparaît et explique qu’en tant qu’écrivain, on lui a raconté une histoire qu’il va à son tour nous rapporter.

Voyage dans le temps. On voit ce même écrivain faire la connaissance de M. Moustafa, propriétaire du palace, qui à son tour lui raconte le passé de l’hôtel. Voyage dans le temps, jusqu’à l’époque où Moustafa était un jeune lobby boy fraîchement recruté. Cette mise en abyme sur plusieurs niveaux nécessite au départ une petite gymnastique intellectuelle.

Ralph Fiennes et Tony Revolori

Le glissement d’un niveau de la narration à un autre est parfaitement maîtrisé si bien que, les 5 premières minutes passées, on est rapidement pris dans l’histoire. Qu’on aime ou pas Wes Anderson, force est de reconnaître que la réalisation est maîtrisée. Qu’il s’agisse des décors, des costumes, du caractère des personnages, chaque détail est travaillé. M. Gustave, le héros de l’histoire, m’a paru terriblement attachant.

Il a une préciosité naturelle : éducation irréprochable, mouvements maîtrisés, costume impeccable, souci du détail… et en même temps, il est pétri de défauts. Séducteur invétéré, il drague tout ce qui bouge avec un regard pas nécessairement très flatteur sur la gent féminine : « Avec les années, on passe aux bas morceaux ».

Il montre à la fois un respect profond envers les autres… et une franchise frisant parfois l’insolence (« Je suis physiquement révulsé », dit-il à une cliente en commentant son vernis à ongles). De même, on nous masque habilement le passé de M. Gustave. L’hôtel semble être toute sa vie. Ses amours sont éphémères. C’est finalement un être seul et fragile.

Ralph Fiennes dans The Grand Budapest Hotel

Je n’ai jamais caché ici mon admiration pour les prestations d’acteur de Ralph Fiennes. Mais je tiens aussi à saluer la performance de Tony Revolori, le tout jeune lobby boy dont c’est le premier rôle au cinéma. Et j’ai pris du plaisir à retrouver Saoirse Ronan (la héroïne de The Lovely Bones), avec cette discrétion aérienne et effacée qui est la sienne, dans le rôle d’Agatha (la jeune fille que convoite le lobby boy)… ou encore Adrien Brody dans le rôle du frère cupide de la riche cliente décédée.

Les plans s’enchaînent dans un ballet maîtrisé. La richesse du film est telle qu’il faudrait plusieurs visionnages et plusieurs articles pour l’analyser. Je n’en dis pas trop sur les péripéties vécues par M. Gustave mais elles s’inscrivent dans un contexte historique certes fictif mais non dénué de complexité. Entre les barrages ferroviaires tenus par des militaires peu amènes, le statut de réfugié politique du jeune Zero qui a dû fuir son pays, les contrôles d’identité inopinés et brutaux, des éléments semés çà-et-là qui amènent une couche de réflexion supplémentaire au propos.

Alors, allez-vous aimer si vous ne l’avez pas encore vu ? Si vous adorez Wes Anderson, la réponse est oui. The Grand Budapest Hotel ne vous décevra pas. Si vous n’aimez pas Wes Anderson, le film ne vous surprendra pas. Si vous ne connaissez pas, c’est une excellente occasion de le découvrir !


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5 commentaires sur “The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson

  • Letizia

    Si tu as aimé « The Grand Budapest Hotel », tu devrais essayer de regarder la « Famille Tennenbaum », avec une Gwyneth Paltrow et un Owen Wilson complétement méconnaissables!

    Répondre à Letizia
    • Serial Lectrice

      Ah je l’ai vu et j’ai adoré ! Pour la petite histoire je travaillais pour Martin Solveig avant et le personnage qu’il a décliné dans ses clips de l’époque, portant un bandeau de tennis, lui a été inspiré en partie par le film et notamment par Richie Tenenbaum, le champion de tennis :)

      Répondre à Serial
  • San

    Justement j’en ai parlé dans mon top 10 de 2014, ce film est une claque visuel, avec des acteurs à tomber, et une histoire magnifiquement bien raconté.

    Répondre à San
    • Serial Lectrice

      Il vient de rafler un beau paquet de nominations aux Oscars ! Ça vient d’être annoncé, 9 nominations au total…

      Répondre à Serial
    • San

      Ouiiiiii, j’espère qu’il va gagner celui du meilleur film !

      Répondre à San
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