The Imitation Game, Morten Tyldum


The Imitation Game – Résumé

La Seconde Guerre Mondiale déchire l’Europe. A Bletchey Park, au Royaume-Uni, les meilleurs cryptographes du pays travaillent sur des missions de décryptage d’une confidentialité hors norme. La plus importante du moment concerne la machine Enigma, dont le régime nazi se sert pour chiffrer tous les messages envoyés aux principaux stratèges de la guerre concernant les opérations militaires à venir (missiles tirés, attaques sous-marines, etc).

Alan Turing (Benedict Cumberbatch), mathématicien de génie, parvient à se faire embaucher par le Commandant Denniston (Charles Dance) au sein de l’équipe qui travaille sur ce projet. Il est certain de pouvoir percer le secret d’Enigma. Mais Turing souffre d’une forme d’autisme de haut niveau qui le confronte à certaines difficultés lorsqu’il s’agit de travailler en équipe. Par ailleurs, l’algorithme de cryptage d’Enigma est si puissant qu’il n’est pas certain que les hommes puissent en venir à bout…


RéalisateurMorten Tyldum.
Durée du film minutes.
Note – ★★★★☆
The Imitation Game, Morten Tyldum

The Imitation Game – Critique

Sacré personnage que celui d’Alan Turing ! Son domaine d’expertise, la cryptographie, est aussi complexe que l’homme lui-même. La fiction ajoute sa propre couche de complexité en nous présentant le personnage comme un autiste Asperger, une théorie avancée par certains historiens mais sur laquelle on ne dispose d’aucune preuve mettant tout le monde d’accord.

Le Turing de Morten Tyldum est un homme à l’intelligence exceptionnelle mais qui se débat avec un manque d’aisance sociale évident. Il interprète chaque phrase au pied de la lettre, peinant à comprendre l’humour et incapable de faire preuve de diplomatie. Néanmoins, il a ce quelque chose de terriblement attachant, en particulier parce que le scénario glisse quelques éléments affectifs qui l’humanisent et nous conduisent à ressentir pour lui une forme de compassion. Benedict Cumberbatch est si excellent dans le rôle qu’on dirait qu’il était fait pour se glisser dans la peau de Turing.

Génie manifeste, Turing est recruté par un Commandant de l’Armée (Charles Dance) qui ne cherche guère à comprendre la psychologie et la sensibilité si particulières de ce mathématicien surdoué. Il ne l’intègre à son équipe que parce que l’homme, avec l’honnêteté qui est la sienne, lui affirme qu’il se sent capable de décrypter la machine Enigma. Un terrible petit appareil qui permet aux nazis d’envoyer toutes leurs stratégies de guerre aux généraux sous forme cryptée.

Mais Turing, si doué soit-il, va devoir composer avec une équipe qu’il n’a pas choisie et dont certains membres peinent à comprendre qu’il consacre autant de temps à mener des recherches en solitaire au détriment du travail d’équipe.

Il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir un statut particulier : un jour, une femme – Joan Clarke (Keira Knightley) – se présente à un test de sélection très pointu organisé par l’Armée pour étoffer l’équipe. On la prend d’abord pour une candidate secrétaire avant de comprendre qu’elle sollicite un poste de cryptographe. Dans la société de l’époque, l’idée qu’une femme prenne son autonomie, quitte le domicile familial sans être mariée pour travailler dans un milieu d’hommes n’a rien de « convenable ».

Keira Knightley nous offre un personnage qui ne manque ni de corps ni de cœur. Loin de jouer la pintade dans un milieu masculin, elle nous dresse le portrait d’une femme pleine de vivacité, d’intelligence et d’assurance tout en étant profondément humaine et sensible. Elle apporte une note d’émotion bienvenue face au personnage de Turing, plus introverti et froid.

Benedict Cumberbatch (Alan Turing) dans The Imitation Game

Un contexte historique riche, un domaine d’étude aussi complexe que stimulant intellectuellement, des dynamiques de groupe pleines de tension, une réflexion sur la place des femmes dans le monde professionnel, est-ce une liste de thèmes suffisamment riche pour donner au scénario la capacité à vous river à l’écran pendant près de 2 heures ?

Certainement… mais The Imitation Game ne s’arrête pas là et choisit aussi de nous parler d’un aspect connu de la vie d’Alan Turing : son homosexualité.

Le sujet est traité avec une certaine pudeur, nous éloignant des clichés du too much dont souffrent trop de films. Turing en parle avec franchise mais à l’époque, l’homosexualité est tout simplement condamnée sur le plan pénal, avec des peines de prison pour les contrevenants.

Cette réalité paraît horrifiante aujourd’hui, elle l’est encore plus lorsque l’on sait que Turing s’est vu accorder un « choix » : purger une peine de prison ou subir une castration chimique en prenant des hormones dites « féminines ».

Ce n’est qu’en 2013 qu’Alan Turing (le vrai) a été gracié à titre posthume par la reine Élisabeth II, qui a affirmé : « Sa vie a été assombrie par sa condamnation pour homosexualité, condamnation que nous considérerions aujourd’hui comme injuste et discriminatoire, et qui est désormais annulée ».

La contribution d’Alan Turing est allée bien au-delà de son travail sur la machine Enigma, ses études sur les machines et l’intelligence des machines ont posé les bases de grands concepts comme celui d’algorithme, qui servent tout particulièrement en informatique aujourd’hui.

The Imitation Game est un film très riche qui séduira sans doute les adeptes d’univers stimulants intellectuellement… et pour prolonger le plaisir, vous pouvez lire la biographie d’Alan Turing par Andrew Hodges, qui a inspiré le film. Un portrait plus approfondi, moins romancé et plus complexe d’un homme qui a marqué l’Histoire.


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9 commentaires sur “The Imitation Game, Morten Tyldum

  • Nadine

    J’ai adoré ce film! Et l’été dernier j’ai eu la chance d’aller visiter Bletchley Park en banlieue de Londres, c’était passionnant! Les machines de décryptage y sont, ainsi que les quartiers secrets de l’époque. Une super journée.

    Répondre à Nadine
    • Serial Lectrice

      C’est fou, moi qui vais tout le temps en Angleterre, je ne savais même pas que l’on pouvait visite Bletchley Park. Ça doit effectivement être passionnant ! Merci pour l’info :)

      Répondre à Serial
    • Nadine

      Chanceuse! Je t’encourage vraiment à y aller. Si je le pouvais j’y retournerais bientôt, mais du Québec il faut faire 7 heures d’avion :-)
      De nos vacances d’été en Angleterre Bletchley Park a été le moment le plus fort de nos visites…
      Si tu y vas je serais ravie que tu m’en parles :D
      Bonne journée à toi

      Répondre à Nadine
  • Audrey

    Si tu ne connais pas encore Sherlock, Serial Lectrice, tu vas te régaler ! Les deux premières saisons sont excellentes, la troisième m’a un peu moins convaincue. Mais c’est produit par Stephen Moffat et Mark Gatiss, et c’est brillant.

    J’avais vu The Imitation Game lors de sa sortie au cinéma avec mon copain, on avait tous les deux bien aimé. J’avais un prof au CELSA qui nous avait parlé de lui et de la machine Enigma, j’avais par conséquent très envie de le voir car j’étais intriguée !

    Répondre à Audrey
    • Serial Lectrice

      Merci pour le conseil sur Sherlock, vous êtes deux à dire que c’est bien, ça commence à faire des arguments pour regarder ;)

      La cryptographie m’a toujours fascinée. Enfant, j’étais une grande adepte des « codes secrets », on en mettait au point avec mes amies à l’aide d’une « grille de codage » qui permettait de s’envoyer des messages en ne pouvant les déchiffrer qu’à l’aide de la grille :) Ce qui est assez incroyable avec Enigma, c’est la complexité mathématique et logique de la machine, quand on lit le détail de son fonctionnement on réalise à quel point c’est follement ingénieux !

      Répondre à Serial
  • Letizia

    J’adore Benedict Cumberbatch depuis que je l’ai découvert dans Sherlock où je trouve personnellement qu’il excelle au côté de Martin Freeman. J’ai comme habitude de regarder les films nominés aux oscars et c’était un plaisir de découvrir la vie d’Alan Thuring, une belle découverte! Je lui aurais presque donné 5 étoiles :D

    Répondre à Letizia
    • Serial Lectrice

      J’ai failli aussi :) Le rôle va tellement bien à Benedict Cumberbatch. Je connais peu sa filmographie donc je vais ajouter Sherlock à ma liste de films à voir !

      Répondre à Serial
    • Letizia

      Quoi tu ne connais pas Sherlock? C’est une série diffusée sur la BBC, si tu aimes Benedict Cumberbatch et Sherlock Holmes (j’allais l’oublier lui…), tu vas adorer! Il y a pour l’instant trois saisons de trois épisodes et la quatrième est prévue pour 2016, voir plus tard de quoi te rendre complétement accro! J’attends ton retour avec impatience :)

      Répondre à Letizia
    • Serial Lectrice

      Ah c’est une série ! Oops :) #inculte. Je n’en ai pas du tout entendu parler, il faut dire que je suis très peu l’actu des séries par manque de temps pour en regarder, je regarde seulement Game Of Thrones et Fear The Walking Dead (et encore, la deuxième c’est pour des raisons professionnelles). J’adorais Sherlock Holmes quand j’étais ado donc ça me tente bien, reste à trouver un moment dans le planning !

      Répondre à Serial
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