The Reader, Stephen Daldry


The Reader – Résumé

The Reader est le récit d’une vie et d’une passion amoureuse entre un adolescent de quinze ans, Michael (David Kross) et une femme plus âgée, Hanna Schmitz (Kate Winslet), laquelle l’initie non seulement au plaisir charnel mais aussi au plaisir de partager des lectures. En pleine Seconde Guerre Mondiale, Hanna disparaît du jour au lendemain.

Les deux amants finissent par se retrouver dans des circonstances qui n’ont plus rien de romantique. Michael, étudiant en droit, assiste à un procès retentissant portant sur des crimes commis sous le régime nazi. Levant les yeux vers le banc des accusés, il y découvre Hanna, recrutée comme garde dans le camp de concentration d’Auschwitz et soupçonnée d’avoir été impliquée dans plus de 300 meurtres.

Michael possède un élément que la justice ignore et qui pourrait totalement bouleverser le cours du procès. Mais doit-il le révéler, là où Hanna elle-même a choisi de ne rien dire ? Doit-il ou non renouer un lien avec Hanna ? Qui était-elle réellement ?


RéalisateurStephen Daldry.
Durée du film minutes.
Note – ★★★☆☆
The Reader, Stephen Daldry

The Reader – Critique

The Reader est un film qui m’a laissée perplexe. C’est une histoire dont on ressort avec des questionnements mais aussi avec des émotions contradictoires. Une histoire où il se passe à la fois peu et beaucoup de choses.

Peu, parce que ce n’est pas un film d’action. Dans The Reader, il n’est pas question d’évasion spectaculaire, de crimes de guerre racontés à grand renfort d’images hollywoodiennes… mais il y a néanmoins une charge émotionnelle très forte. L’intrigue soulève des questionnements profonds sur le bien et le mal : cette femme que Michael a connue comme une amante passionnée peut-elle être le monstre décrit par la justice ? Comment, pour Michael, rassembler en une même personne ces deux facettes si opposées qu’il a sous les yeux ? Jusqu’où sa propre morale peut-elle être engagée ? Que ressent-il pour celle qui a été sa “première fois” et cela peut-il influencer sa vision de la justice ?

En tant que spectateur, on voit donc d’un côté une belle romance de cinéma, classique, entre le jeune puceau et son initiatrice, un amour secret et fusionnel. De l’autre, des émotions bien plus complexes : la trahison de cette femme qui ne semble pas deviner l’impact qu’elle a eu sur un adolescent en pleine construction identitaire et qu’elle a délaissé ; sa recherche d’une forme de rédemption que l’on sent impossible ; la différence d’âge et la progression de l’histoire qui l’entraînent loin de Michael ; les cassures intérieures de cet homme, devenu un avocat respectable mais tourmenté par le passé ; la froideur apparente d’Hanna face aux horreurs dont on l’accuse…

Ralph Fiennes, dans The Reader

Kate Winslet est brillante dans son rôle et The Reader révèle encore davantage la magnitude de son talent. Ralph Fiennes (qui joue Michael à l’âge adulte) sait comme toujours mêler une pointe de charme à une fragilité très bien interprétée. Le Michael adolescent joué par David Kross m’a un peu déçue. Le personnage reste traité d’une manière assez superficielle, présenté comme un lecteur érudit mais encore très gauche dont on sait finalement peu de choses et qu’on aimerait connaître davantage.

The Reader me laisse dans une grande indécision. J’ai eu le sentiment d’avoir regardé un film qui fait réfléchir longtemps après le générique de fin. Et en même temps, le message global de l’intrigue a provoqué en moi un certain malaise. On nous montre une femme ordinaire devenue un bourreau. Il y a, pour le spectateur, le frisson de se dire qu’elle n’est pas si différente de nous et qu’une telle situation aurait pu arriver à n’importe qui, quelle que soit l’horreur qu’elle nous inspire.

On nous montre une femme que la culture n’a pas pu sauver. Quel que soit le nombre de livres découverts par Hanna, le nombre de grands auteurs dont elle a suivi avec voracité les pensées et les récits, ça ne l’a pas pour autant tenue à l’écart des atrocités du régime nazi. C’est un constat terrifiant. On aimerait croire qu’on agirait différemment dans des circonstances aussi terribles.

Monika Hertwig, fille du nazi Amon Göth, disait justement dans le documentaire Inheritance de James Moll : “Je ne comprends toujours pas comment un homme instruit comme l’était mon père a pu croire à l’idéologie nazie”. On aimerait tous croire qu’en se cultivant, on se donne les armes nécessaires pour prévenir de telles bassesses morales. Le film The Reader vous pousse à croire le contraire. Déstabilisant.


Poster un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 commentaires sur “The Reader, Stephen Daldry

  • Michel BORENSZTEJN

    Il me semble qu’à la fin du film, la boîte contenant l’argent d’Anna schmitz est placée près d’une photographie oû il me semble que Anna y paraissait?

    Répondre à Michel
    • Marlène

      Bonjour Michel, ça fait un moment que je n’ai pas vu le film donc je ne peux pas vous renseigner, peut-être qu’un visiteur passant par là aura plus d’informations :)

      Répondre à Marlène
Si vous aimez les articles du site, n'hésitez pas à faire vos achats sur Amazon.fr via ce lien ; il me permettra de toucher une commission grâce au programme Partenaires Amazon EU.