Today we live, Emmanuelle Pirotte


Today we live – Résumé

En décembre 1944, les troupes allemandes engagent une offensive dans les Ardennes. La population, paniquée, s’efforce de fuir ou de se cacher et, parmi eux, se trouve une petite fille juive protégée par une famille de la région. Lorsque l’arrivée des soldats se confirme, elle est confiée au curé, qui décide de la remettre entre les mains de deux soldats américains qui passent par là.

Sauf qu’il s’agit en réalité de soldats allemands infiltrés. Ils conduisent l’enfant dans la forêt pour l’abattre mais au moment de tirer, l’homme qui tient l’arme – Mathias – a des scrupules… Il finit par s’enfuir avec la petite Renée.

Mais où aller quand on est un soldat allemand déguisé en américain, en fuite avec une gamine juive dans une région anesthésiée par la terreur ?


Auteur.
Taille du livre240 pages.
Note – ★★★★☆
Today we live, Emmanuelle Pirotte

Today we live – Critique

Les éditions du Cherche-Midi ont déniché une petite perle avec ce premier roman d’Emmanuelle Pirotte. On y retrouve mon sujet de prédilection, la période de la Seconde Guerre Mondiale… sous une forme créative et profondément humaine, preuve qu’il est encore possible de se renouveler sur un thème comme celui-là.

C’est l’histoire d’une rencontre entre deux êtres à l’identité bouleversée par les événements historiques qui les entourent : Renée, la petite fille juive, ne sait pas réellement ce que cache cette judéité. Elle a compris que cette différence pouvait lui coûter la vie mais à 7 ans, comment appréhender un sujet aussi complexe que la religion ? Mathias, le soldat allemand, traverse lui aussi de profonds questionnements : qu’est-ce qui a fait de lui une machine à tuer ? Pourquoi, lui qui est d’ordinaire sans état d’âme, a-t-il rechigné à tuer cette enfant aux yeux noirs ?

« Today we live » s’attache à raconter leur fuite et l’alchimie subtile qui se crée entre eux. Renée témoigne d’une force de caractère hors norme, qui inspire respect et émotion. Ballottée de foyer en foyer, orpheline, cachée par les uns et les autres, elle semble avoir choisi ce soldat pour lui apporter un semblant de stabilité.

Quant à Mathias, il a longtemps vécu au Canada où il menait la vie solitaire d’un trappeur au milieu de grandes étendues sauvages et glacées. Cette petite fille le pousse à sortir de sa coquille, une perspective aussi inconfortable que réconfortante dans une guerre où l’humain n’a plus sa place.

Leur cavale commune dans les Ardennes aurait pu être ennuyeuse, classique et prévisible. Sous la plume sensible et juste d’Emmanuelle Pirotte, elle se révèle captivante et sincère. Les personnages ne sont pas dévorés par les bons sentiments, ils sont pleins de ces contrastes qui leur donnent de l’épaisseur : Renée, malgré sa force de caractère, se cramponne tout de même à Ploc, son doudou élimé, seul souvenir de sa maman… Mathias, malgré sa volonté de protéger la petite, ne cache rien de sa nature guerrière et de sa capacité à être une « machine à tuer ».

Il en résulte un roman captivant, que j’ai lu d’une traite et que je vous conseille vivement !


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