Le tricycle rouge, un roman de Vincent Hauuy


Le tricycle rouge – Résumé

Victime d’un grave accident qui a coûté la vie à sa femme,
le profiler Noah Wallace doit vivre avec de lourdes séquelles.

Lorsqu’il est appelé sur une scène de crime qui rappelle étrangement les meurtres commis par un tueur en série cinq ans plus tôt, il va devoir mettre de côté sa souffrance et composer avec ses faiblesses pour aider les autorités à comprendre la psychologie de l’assassin…

Est-on certain que le premier tueur en série est bien mort ? A-t-on affaire à un copycat qui l’imite ? Et si c’est le cas, quelle taupe, au sein même des services de police, a divulgué des détails sur les meurtres ?

Simultanément, une blogueuse, Sophie Lavallée, se lance dans une enquête indépendante pour élucider la disparition d’un reporter, Edgar Trout, dans les années 70. Elle s’aperçoit vite qu’elle a mis les pieds dans un véritable guêpier.

Deux affaires qui pourraient bien se rejoindre…


Auteur.
Taille du livre496 pages.
Note – ★★☆☆☆
Le tricycle rouge, Vincent Hauuy

Le tricycle rouge – Critique

Depuis la création du blog, j’affiche dans un widget (sur le côté de la page… ou tout en bas sur mobile) les meilleures ventes de livres du moment… et je jette toujours un œil à cette liste pour prendre le pouls de ce qui agite les discussions des lecteurs ! C’est ainsi que le roman Le Tricycle Rouge a attiré mon attention… Il a remporté le prix Michel Bussi du meilleur thriller français. Je n’accorde pas beaucoup d’importance à ce type de récompense mais c’est toujours une occasion de découvrir des auteurs que l’on ne connaît pas et ici, je l’ai saisie au bond !

Les premières lignes du roman ne m’ont pas convaincue. Pourquoi ? Une certaine impression de banalité

« Jeremy Harrington sourit devant son rosier, car il a toutes les raisons d’être heureux. Dans deux jours, il fêtera ses cinquante ans. Iris va enfin mettre un pied hors de sa maison de Pittsburgh et venir lui présenter le petit Lucas.

Cela fait plus de trois ans qu’il attend ce moment. Cerise sur le gâteau, il n’aura même pas à subir la présence de son imbécile de gendre qui a eu la bonne idée de partir en voyage d’affaires à Miami ».

… mais après tout, il serait dommage de s’arrêter à une première impression, alors j’ai continué. Les premières pages évoquent un tricycle rouge dévalant une rue à vive allure, sans passager. Plusieurs personnes auraient pu le voir passer mais, occupées par leur quotidien, n’y prêtent pas attention. Pourtant, ce tricycle se trouve au coeur de l’histoire qui va nous occuper sur quelques centaines de pages.

Des meurtres sont commis. D’une atrocité indicible. Un meurtre, bien sûr, est toujours une atrocité mais là, le tueur manifeste un raffinement dans l’horreur, une sorte de maîtrise absolue de l’art d’être monstrueux. Son modus operandi rappelle celui d’un autre tueur en série, mort cinq ans plus tôt.

Alors forcément, les autorités s’interrogent : est-on sûr que le tueur mort est bel et bien mort ? Ou un autre malade mental s’inspire-t-il de lui ? Si c’est le cas, comment pourrait-il connaître des détails qui n’ont jamais été dévoilés au public ? Quelqu’un, au sein même de la police, lui divulgue-t-il des informations confidentielles ?

L’enquête implique une coopération entre Canada et Etats-Unis… et fait intervenir un profiler, Noah Wallace, personnalité intéressante et mystérieuse. Il souffre d’une amnésie sur une période de sa vie, reste profondément marqué par un grave accident dans lequel sa femme a trouvé la mort et a parfois des flashes médiumniques quand il se trouve sur une scène de crime.

Pourquoi n’ai-je pas du tout apprécié le livre de Vincent Hauuy ? D’abord, parce que j’ai eu le sentiment d’une écriture donnant beaucoup trop de place aux clichés et aux banalités. Par exemple, on nous décrit un homme comme « un Adonis aux faux airs de Brad Bitt », en ajoutant que depuis qu’il est là, « l’enchantement était passé à un autre niveau ». L’homme envoie à sa copine une photo de lui : « c’est un selfie de son homme, torse nu. Bon, le duck-face forcé est un tue-l’amour, mais il se rattape avec le cœur tracé dans le sable en arrière-plan. Drôle et romantique à la fois ».

Le tricycle rouge, un roman de Vincent Hauuy

On continue dans les clichés quand il est question de la mafia… avec un vieux gangster qui parle aux femmes en les appelant « poupée » et en leur lançant « un regard lubrique ».

De ce fait, j’ai souvent eu le sentiment que des scènes sonnaient faux et leur cumul au fil des pages m’a laissé une impression négative au final.

Parfois, ça tient à un détail. Par exemple, la police qui dit : « La victime a bien évidemment fini par mourir, une autopsie pratiquée sur le cadavre nous en apprendra plus ». C’est un dialogue qui, personnellement, ne me semble pas crédible. Pourquoi préciser « pratiquée sur le cadavre » si ce n’est pour créer une impression dramatique avec un mot choc qui produit toujours son petit effet. « On en saura plus après l’autopsie » aurait suffi.

Ou encore la façon de s’exprimer (à l’oral) du tueur, qu’on imagine si peu dans la vraie vie : « Tu as su trouver le chemin dans nos ténèbres intérieures et extraire peu à peu la pelote d’ombre qui nous lestait le coeur. Et plus nous nous réunissions, plus la brèche s’élargissait et laissait couler le fiel ». C’est presque poétique… mais qui s’exprime ainsi à l’oral, même dans un élan romanesque inattendu ?

Parfois, c’est une attitude qui fait froncer les sourcils… comme celle de l’homme de loi qui a une belle érection et envisage de soudoyer une jeune femme en usant de son autorité dans un élan de perversité. Ou encore une vision des surdoués qui les présente comme des « petits génies », ce qui tient là encore du cliché.

Ensuite, j’ai été dérangée par une surenchère superflue dans la violence. Vincent Hauuy prend plaisir à décrire avec force détails les tortures que l’assassin fait subir à ses victimes. Dents retirées à la pince, membres coupés à une victime encore consciente… Je trouve que c’est une solution de facilité dans les thrillers et un travers fréquent chez les jeunes auteurs nourris aux romans de Stephen King.

Au-delà de ces défauts, l’histoire elle-même m’a laissé le sentiment d’être assez décousue. Trop de personnages dans tous les sens, dont on comprend le rôle bien trop tardivement, des péripéties improbables… Pour ma part, la magie n’a pas opéré mais si vous le lisez, n’hésitez pas à me laisser votre avis dans les commentaires.


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10 commentaires sur “Le tricycle rouge, un roman de Vincent Hauuy

  • Lhopital

    Nul !
    Si vous n’avez rien d’autre à lire à la rigueur, mais peu crédible voir pas crédible su tout. Des personnages qui ne servent à rien bref m: très joli coup marketing mais très mauvais bouquin

    Répondre à Lhopital
    • Marlène

      Il y a tant de livres à découvrir qu’on se remet vite d’une déception, heureusement ;) Merci d’avoir laissé un avis !

      Répondre à Marlène
  • Boyer

    Extrêmement décevant!!! Je l’ai fini car je finis toujours un livre quelque soit le sujet mais là franchement j’ai eu du mal – De votre avis, pour les critiques émises! Mon sentiment : à éviter……………..

    Répondre à Boyer
    • Marlène

      Merci d’avoir laissé un avis, j’ai eu du mal aussi… Au suivant :)

      Répondre à Marlène
  • fabien

    Je viens de terminer le livre et comme a chaque fois je me demande ce qui va m en rester. Je ne suis pas un grand lecteur mais ayant lu tout BUSSI je me suis dit qu’ ayant reçu » le prix Michel Bussi  » je ne pourrais pas être déçu. Pour commencer je trouve le rythme excellent, la longueur des chapitres est parfaite. Lisant sur Kindle je peux connaitre a l’ avance la taille des chapitres et comme cela je pouvait facilement lire un ou deux chapitres a la volée sans tomber dans un chapitre interminable ce que je deteste par dessus tout (fainéantise??? :) ).
    La mise en situation par la description de l accident est plutôt efficace.
    Le dénouement final et les morts inattendues font leur petit effet.
    Passons au moins bon:
    Trop de personnages qui parfois font perdre le fil au lecteur surtout quand comme moi la lecture se fait sur plusieurs jours, le cote médiumnique de NOAH m a déçu, je ne voulais pas tomber dans un livre de MUSSO. L’histoire (attention spoiler) du programme de la CIA est tire par les cheveux et l atrocité des événements durant la jeunesse des personnages sonne faux et/ou trop exagérée.
    Au final, j ai quand même passe un bon moment surtout quand s’est dévoilée la fin et la rencontre des protagonistes, on pourrait presque les comparer aux 4 mousquetaires ou au 4 fantastiques, certains ayant choisi le bien et d autres le mal.

    Répondre à fabien
    • Serial Lectrice

      Hello Fabien, merci d’avoir partagé cet avis très complet, tant mieux si le livre t’a plu, je n’en ai pas gardé un bon souvenir pour ma part mais ça fait aussi partie de la lecture, il y a des univers et des histoires qui nous parlent plus que d’autres.

      Répondre à Serial
  • Nenette

    Je suis au 3/4 du livre et plus j’avance…. moins je comprends, trop de personnages, on ne comprends plus rien, écriture décousue , j’espere être surprise à la fin ????

    Répondre à Nenette
    • Serial Lectrice

      Je partage tout à fait ton sentiment d’une histoire totalement déstructurée. Ça, ajouté aux clichés du genre qui s’accumulent au fil des pages, ne m’a pas laissé une bonne impression à la fin de la lecture !

      Répondre à Serial
  • Linda

    Finalement un commentaire approprié! Je suis complètement d’accord avec toi!

    Répondre à Linda
    • Serial Lectrice

      J’ai vu des avis très contrastés sur ce livre, certains adorent, d’autres détestent… Pour ma part, j’en garde vraiment l’impression d’une intrigue peu plausible et surtout, d’une écriture que j’ai trouvée trop « plate » à mon goût. Par comparaison, j’ai lu récemment Code Victoria de Thomas Laurent, un jeune auteur également. L’histoire a là aussi quelques faiblesses et n’est pas forcément très plausible non plus… mais il y a pourtant quelque chose dans le style auquel j’ai davantage accroché : une capacité à poser un décor intéressant, des personnages qui sortent du « vu et revu ».

      Répondre à Serial
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