Welcome to Sarajevo, avec Stephen Dillane


Welcome To Sarajevo – Résumé

Le reporter Michael Henderson a été envoyé en zone de guerre afin de couvrir pour une chaîne anglaise le conflit en Bosnie-Herzégovine.

Sur place, il découvre l’horreur et l’angoisse des bombardements quotidiennes et se laisse peu à peu gagner par un sentiment d’impuissance.

Il tente d’abord de susciter l’intervention de la communauté internationale mais s’aperçoit vite qu’il ne peut s’empêcher de s’impliquer personnellement – et émotionnellement – dans les événements.


RéalisateurM. Winterbottom.
Durée du film minutes.
Note – ★★★★☆
Welcome to Sarajevo, par Michael Winterbottom

Welcome To Sarajevo – Critique

Welcome To Sarajevo s’inspire d’une histoire vraie relatée par un correspondant de guerre, Michael Nicholson, dans un livre publié en 1994 (Natasha’s Story). Il se situe, dans sa réalisation, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il mélange des scènes écrites à des images d’archives, des plans nets à des séquences où l’image tremble, où la caméra tressaute au rythme d’un corps qui court, fuit, se dissimule dans un décor où les rafales et les explosions peuvent survenir n’importe où, n’importe quand.

On plonge corps et âme dans la guerre qui a ravagé la Bosnie-Herzégovine mais aussi, plus largement, dans l’enfer d’un conflit armé. Sa violence, ses ravages au sein de la population, les familles décimées ou séparées, les enfants orphelins. Et l’on pense au travail de tous les reporters de guerre qui, en ce moment même dans le monde entier, mettent leur vie en péril au service de l’information.

Stephen Dillane incarne Michael Henderson, un journaliste anglais envoyé à Sarajevo pour couvrir la guerre. Entre les bombardements constants et l’horreur quotidienne, l’homme en arrive progressivement à s’interroger sur le sens même de sa présence. Peut-il n’être qu’un témoin et un relais passif des événements, ne se concentrer que sur les faits ? Lorsqu’il découvre un orphelinat local, la question ne se pose plus et Henderson décide de tout faire pour exfiltrer une petite fille, Emira (Emira Nusevic), vers l’Europe, au sein d’un convoi humanitaire mené par Nina (Marisa Tomei) avec le soutien des Nations-Unies.

Les questions éthiques sont nombreuses et soulevées très adroitement dans le film : est-il mieux pour ces orphelins de grandir sous les bombes mais dans un environnement qui leur est familier, en parlant leur langue maternelle et avec l’espoir d’être un jour réunis au reste de leur famille après la guerre ? Ou faut-il intervenir et les sortir de leur milieu ? Le journaliste est-il témoin ou acteur du conflit ?

Welcome to Sarajevo, par Michael Winterbottom

Stephen Dillane se révèle brillant dans ce film : sa retenue et sa capacité à “exprimer l’intériorité” permettent de refléter avec beaucoup de finesse et de pudeur les dilemmes intérieurs d’un homme confronté à l’indicible. C’est poignant, c’est violent par les sentiments et par les images (fusillades, etc) sans jamais tomber dans une débauche d’effets spéciaux hollywoodiens façon “bataille apocalyptique”.

Est-ce conforme à la réalité du terrain ? Probablement pas entièrement, mais le film ne prétend pas retracer le quotidien des habitants ni même leur passé. L’intrigue et les décisions prises par les personnages se jouent dans l’instantanéité, comme si l’on ne savait jamais vraiment si on sera encore là le lendemain. Un très beau film…


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4 commentaires sur “Welcome to Sarajevo, avec Stephen Dillane

  • Marie

    Pas désagréable à regarder le fils ! Le meilleur acteur entre les deux c’est qui pour toi ?

    Répondre à Marie
    • Serial Lectrice

      J’ai pu voir Frank dans pas mal de rôles différents, au théâtre et à l’écran. Il a une capacité naturelle à faire oublier sa propre identité au profit de son personnage. Pour moi c’est la marque d’un très grand acteur. Quand je le vois, que ce soit sur scène ou dans un film, il est à chaque fois quelqu’un d’autre. Stephen Dillane joue bien mais je trouve qu’il garde un “style Stephen Dillane” quel que soit le rôle qu’il interprète.

      Répondre à Serial
  • Marie

    Aaaah je suis #TeamStannis dans GoT, j’adore cette série et cet acteur ! Tu devrais regarder ! Moi c’est le fils que je ne connais pas, il fait quoi ?

    Répondre à Marie
    • Serial Lectrice

      Tout le monde me dit que je devrais regarder même sans être attirée par l’univers de la série, pour le côté “jeux de pouvoir”… mais j’ai tellement de films à découvrir aussi que par manque de temps, c’est un peu dur de se forcer à aller vers quelque chose qui ne nous attire pas à la base :)

      Le fils est acteur aussi, il a eu un petit rôle dans Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé quand il avait 16 ans. Il a ensuite fait une école d’art dramatique à Londres et depuis son diplôme en 2013, il a joué dans une pièce de théâtre et tourné 2 films, dont In The Heart Of The Sea de Ron Howard dont j’ai parlé sur le blog et un autre film plus confidentiel avec Zoé Kravitz et Dakota Fanning.

      Répondre à Serial
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